MEDIAS: La décision du CNC fait l'unanimité contre elle

Depuis que, le 26 juillet dernier, le Conseil National de la Communication (CNC) a pris la décision interdisant les émissions et les articles de presse sur l’attentat que le président de la République a fait l’objet le 19 juillet 2011, ainsi que les émissions interactives à caractère politique sur les radios et les télévisions publiques et privées, de nombreuses voix se sont faites entendre pour déplorer, condamner et regretter. Les derniers à s’en indigner sont ainsi les autorités françaises et le collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition. Tous s’élèvent contre un acte qui heurte les dispositions constitutionnelles guinéennes. Ces deux réactions viennent s’ajouter à une floraison d’autres qui s’étaient plutôt prononcées dans le même. Les trois principales associations de la presse guinéenne, à savoir l’AGUIPEL, l’AGEPI et l’URTELGUI, ont été les premières à dénoncer la décision prise par le CNC...

Dans un communiqué conjoint, elles avaient toutes relevé le caractère anticonstitutionnel de la mesure prise le CNC. Se faisant, elles avaient laissé entendre leur désir de s’attaquer à la décision à la Cour Suprême.

En attendant, confiait notamment Amadou Tham Camara de l’Associationguinéenne de la presse en ligne (AGUIPEL), l’appel étant suspensif, il n’étaitpas question que les différents organismes de presse se conforment à cette décisionqu’il trouvait par ailleurs « inique ». Cette réaction solidaire a été par la suite rejointe par le Réseau des médias internet en Guinée (REMEGUI) qui s’est également fendu d’un communiqué.

Et depuis ce jeudi, c’est la France qui, par le biais de son ministère des Etrangères se joint à ce concert de protestation générale. En effet, le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valero a déclaré : « dans le fil de cet épisode sécuritaire grave,
les autorités guinéennes ont restreint l’espace de liberté de la presse. Cette
interdiction qui est faite à tout média national d’évoquer l’attentat, ou
d’organiser des émissions interactives à caractère politique nous préoccupe ».
Ajoutant que la France souhaite que « ces mesures soient stoppées le plus
rapidement possible ».


Cette réaction française quoiqu’opportune semble cependant paradoxale, vu que Rfi avait, de manière quelque peu inexplicable choisit de se conformer au "diktat" du Conseil national de la communication guinéen.

En fin, comme si on pouvait s’yattendre, c’est le tour du collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition de s’ériger contre la décision du CNC. Ce regroupement réunissant 19 partis politiques de l’opposition estime en effet que la liberté de la presse étant garantie par la loi, le CNC doit « revenir, sans délai
sur sa décision ».
Cette injonction ressort d’un communiqué que le
collectif a publié en ce jeudi 28 juillet.

Dans ce contexte, on se demande bien comment le CNC pourrait-elle résister? Mais vu le fait de reconnaitre son tort n’est pas une culture ancrée en Guinée, on pense que sans formellement revenir sur la décision, le CNC se bornera simplement à ignorer ceux qui choisiront d’aller outre la décision. Ainsi, progressivement, elle deviendra caduque. Comme cela, ça arrange tout le monde.

SOURCE:  www.justinmoreljunior.net

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