MEDIAS: De l’encadrement de la communication officielle au Sénégal

Une innovation en encadrement de la communication officielle constitue, devant l’escalade des dérives, une priorité. Parce que le populisme et le bluff, à grande échelle, sont nuisibles et dressent, s’ils sont légion, l’opinion contre le pouvoir. Les contorsions par média interposés, les transgressions à outrance souvent révélées par l’image et les erreurs brutales commises par des autorités dressent, parfaitement, l’opinion qui ne tolère, guère, aucune exaction quelle qu’en soit la forme et l’intensité. A cet effet, le peuple appelle l’attention du pouvoir d’Etat sur la nécessité de mettre en place un type de gouvernance approprié. Compte tenu des risques de déconstruction ou de déconfiture de l’ordre civil national. C'est-à-dire, améliorer le comportement de la presse et des autorités administratives. L’offre en communication présentée au niveau national mérite un meilleur encadrement. D’autant que la pratique actuelle mérite, au plan du fond et de la forme, normalisation et moralisation... 18:15 28-4-2012

Depuis quand l’on se sert, au niveau de l’Etat, de supports médiatiques comme la conférence de presse ? C’est pour ces raisons que nous avons, d’ailleurs, noté, pour nous en désoler, qu’une certaine presse privée comme la communication officielle ou publique versent, souvent,  toutes les deux, dans de graves excès qui menacent, de façon terrible, la citoyenneté, l’éthique de responsabilité et la moralité.

 L’Etat du Sénégal aurait intérêt, en toute urgence, à restructurer sa communication qui n’arrive guère, à prendre forme. Et à recadrer, également, la pratique des média qui sont devenus, dans une très grande mesure, de véritables démultiplicateurs des moralités variables.

Certes, l’apport très bénéfique de la médiatisation demeure évident. Mais un renforcement de la moralisation de la communication constitue une priorité. 

Par exemple l’Etat, devrait réfléchir et proposer, avant 2013, un schéma pour redresser toute la communication. Car les raisons de la rectification résideraient dans le niveau très élevé du déficit enregistré en matière d’information officielle. Le public épouse, d’ailleurs, la même conduite. La parade et l’apparat sont devenus, au niveau du pouvoir d’Etat, un nouveau sport national qu’affectionnent les autorités administratives.

Les images de la première réunion du Conseil des Ministres dérangent. Car l’expression de l’effet de démonstration l’a emporté sur la rigueur qu’exige le respect des politesses légales ou le caractère impersonnel de l’Etat.

Informer, oui ; mais, éviter le matraquage des populations dont un bon nombre nage, ne l’oublions pas, dans une précarité sociale totale.

Aussi, le traitement par analogie, voire le mimétisme, en matière de communication gouvernementale sont devenus des règles. Or, l’absence d’un encadrement de la communication officielle, par exemple, dérange les populations qui ne tolèrent plus certains détournements du service public par le biais d’une désacralisation de la déontologie. Cette dernière exige, toujours, réserve et retenue pour ne point commettre, à l’encontre du citoyen, la moindre légèreté.  

Donc moduler l’expression, réguler l’aisance, mesurer les débuts de transgression et éviter, surtout, une mise en facteur excessive de son moi : l’Administration reste, toujours, impersonnelle.

D’ailleurs, des consciences citoyennes individuelles s’interrogent sur le rapport au secret, à la confidentialité, à la liberté d’expression des autorités administratives et des élus en ce qui concerne la communication officielle.

Il est retenu que les autorités ont l’obligation de respecter les limites du dédoublement fonctionnel, les rigueurs de la hiérarchie et le poids des politesses légales.  Par contre, le délitement de l’autorité de l’Etat  s’apprécie aisément, dans la conduite communicationnelle de l’Administration où l’on se demande si, actuellement, il existe bel et bien des intermédiaires hiérarchiques. Comment s’expliquer le fait que des autorités administratives communiquent à travers des média privés sans limite ?

Résoudre le naufrage en communication officielle s’impose.

Par ailleurs, il demeure utile de signaler à l’Etat, le fait que le peuple ne tolère plus une absence de rationalisation de l’emploi des ressources publiques. Et toute pléthore sera désormais évoquée, combattue et éradiquée. Parce que toute dépense ou tout centre de coût devrait entrainer un centre de profit. Une fine analyse du management du service public de la communication et de l’information invite, naturellement, à se demander si une division du travail et des rôles est opérée en son sein.

Certains cas rendent, sans être péremptoire, circonspects et amènent un segment important de la population à souhaiter qu’une standardisation bien homologuée de la division du travail et des rôles au sein de la communication soit, peut-être, définie. Les exemples choisis pour illustrer des cas de doublons confirmant, au besoin, la pléthore existent. Et sont, par suite :

·       porte-parole de la présidence,

·       cellule de la communication de la présidence,

·       porte-parole du gouvernement,

·       ministère de la communication et de l’information,

·       conseillers en communication,

·       conseillers de presse ou attachés de presse,

·       direction de la communication au niveau des institutions.

Personne ne s’oppose à une forte émancipation en division du travail, des rôles à condition que les moyens et les besoins l’autorisent effectivement. Par contre, l’expression des exigences sociales, en général, indique une rationalisation judicieuse de la dépense publique, demande un usage rigoureux des ressources et invite à l’éradication de la parade et de l’apparat. Un emploi vaudrait plus qu’une position qui ne correspond, guère, aux attentes des populations.

Redresser, par voie de conséquence, appelle une radioscopie de toutes tensions nées des excès, des hypertrophies et des inadéquations propres, particulièrement, au diktat de la mal gouvernance. Et comme l’enseignent les théoriciens du management : « il ne faut jamais tirer sans viser ».

Le peuple estime que le préalable qu’exige la chirurgie que l’Etat devrait effectuer reste l’observation d’un redressement entre juin et décembre 2012. Car la continuité de l’Etat du Sénégal transcende le rituel, qui suppose la passation de pouvoir. Mais passerait, essentiellement, par une totale maîtrise des agrès qui aident à bien réussir le pilotage. Identifier, d’abord, les clignotants, sonder l’Etat des agrès et, maintenant, fixer un cap avant d’entamer le voyage du redressement qui nous préserverait, à son terme, d’un pilotage à vue.

Un recours démesuré à la communication officielle, un manque criard d’encadrement de la communication en question et une transgression rendue structurelle du pouvoir hiérarchique en matière d’information sont, sans conteste, des causes « déclenchantes » du pessimisme social, de l’effervescence politique et de l’escalade continue de la stigmatisation, du « polémisme » outrancier et de la propagande sauvage.

 Dés lors  gouverner, avec efficacité, la communication favorise le dialogue, la décrispation et l’encadrement de l’ordre social national. Par contre, promouvoir le propagandisme, stabiliser la conflictualité, par  le recours non maîtrisé des supports médiatiques, déboucherait sur la stabilisation de la progression du chaos, des tendances menant à l’insurrection institutionnelle ou aux éternels recommencements. 

Wagane FAYE

Professeur d’Anglais

Expert Associé à CARED Afrique

E-mail : ngenbale@hotmail.fr

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