
Des journalistes qui, dans la majorité des cas sont d’éternels stagiaires. Dont certains responsables, profitant de l’état de vulnérabilité et de l’absence notoire d’autres issues, ne se gênent point à exploiter, en toute illégalité. Parce qu’en contrepartie du travail qu’ils abattent au nom de "la station mère", comme on se plait à appeler cette institution, ils ne perçoivent rien d’officiel et légal.
La très déplorable situation que vivent ces malheureux est sortie de l’ombre dans un contexte plutôt tragique. C’était à la faveur de la mort de deux des leurs au cours de l’accident qui avait eu lieu sur la route de Fria, le vendredi 16 avril 2010, et qui avait également emporté les syndicalistes Dr. Ibrahima Fofana et Hadja Magbè Bangoura. Le destin est certes inévitable, mais si nos confrères étaient à bord d’un véhicule de service, peut-être qu’ils seraient encore parmi nous. Donc, c’est ce tragique accident qui a commencé à lever un coin de voile sur les conditions de vie et de travail déplorables que supportent de nombreux jeunes journalistes à la RTG.
Face au tollé général, les autorités d’alors avaient décidé de recruter tous les journalistes qui, à l’époque, y faisaient leur stage. Près de 400 personnes se voyaient alors promettre l’insigne privilège d’intégrer la fonction publique, par la passerelle de la RTG. Mais entre la promesse et la réalité, c’est connu qu’il peut avoir tout un océan. Nos confrères l’auront appris à leurs dépens.
En effet, très vite bombardés de matricules, ils seraient encore plusieurs à attendre une hypothétique prise en charge effective. Ce qui veut dire qu’ils y vont tous les jours mais qu’ils n’ont aucun salaire à la fin du mois. Dans ces conditions, il ne faut pas s’alarmer tant des prestations piteuses de la RTG.
Et puisqu’il faut vivre, en attendant, ces jeunes journalistes ne comptent que sur le système dit D (de débrouille). Système qui peut selon les circonstances, se passer d’une quelconque éthique déontologique et qui peut reposer sur une sorte d’arnaque qui ne dit pas son nom. De journalisme alimentaire!
Quelquefois, c’est carrément de la mendicité. Car, les responsables en attendant l'hypothétique régularisation des employés dont ils ont manifestement besoin, se plaisent par contre à jouer aux gentils et compatissants en distribuant à gauche et droite quelques billets de banque. Mais au mieux, ils ne réussissent qu’à rendre ces jeunes journalistes encore plus dépendants. La solution serait alors d’ôter les pieds du fil pour permettre que les gens puissent pêcher eux-mêmes.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















