MEDIA: Les dérapages de FM Guinée 2010

Beaucoup d'acteurs ont contribué au succès, unanimement salué, du scrutin du dimanche dernier. Parmi les acteurs majeurs, les médias guinéens, tous genres et tous statuts confondus. À ce niveau, il faut certainement lever le chapeau pour les initiateurs du projet de la synergie des radios privées, connue sous le nom de "FM Guinée 2010". Cette mise en commun des équipements et des hommes a aidé à la transparence et la lisibilité du processus...

Les auditeurs sont informés quasiment en temps réel de ce qui s'est passé depuis l'ouverture des bureaux de vote jusqu'à leur fermeture.

L'initiative a été prolongée hier dans la perspective de la proclamation partielle des résultats. Sauf qu'à propos justement de cette proclamation, la synergie a enregistré hier sa première bourde.

En effet, dans le cadre de ce que les animateurs de la FM Guinée 2010, ont eux-mêmes, appelé "la prolongation" et conformément aux promesses faites par le président de la commission électorale, lui-même, certains animateurs de la synergie des radios espéraient que les premiers résultats seraient publiés hier.

D'ailleurs, dans ce cadre, une conférence animée par le président de la CENI a été annoncée du côté de la maison de la presse, sous les coups de 21 heures. Seulement, à quelques minutes du rendez-vous, un des reporters déployés au siège de la CENI, apprend que finalement le rendez-vous n'aura pas lieu.

Cette nouvelle a le don d'irriter les animateurs restés en studio, qui essaient et réussissent à joindre M. Thierno Saïdou Bayo qui confirme et qui tente de justifier par le fait que les résultats à la disposition de son institution ne seraient pas suffisamment exhaustifs pour qu'on les publie.

Aussitôt, des attaques de toutes sortes fusent. Les animateurs frustrés ''explosent''. Les uns et les autres traitant tantôt M. Bayo d'être adepte de la langue de bois, tantôt la CENI de manquer de respect et de considération pour le pays et le peuple. Pour eux, c'est de la foutaise!.

Qu'il n'était pas concevable que la CENI fasse poireauter les journalistes, comme elle l'a fait. D'autres encore ont invoqué un accord tacite
que la commission électorale aurait conclu avec le projet FM Guinée 2010 et en vertu duquel, la synergie laissait le soin à l'institution en charge de l'organisation du scrutin de publier les résultats. Mais que si celle-ci ne pouvait le faire, elle n'avait qu'à le dire, comme ça les radios auraient pris le relais.

Certes, le président Siaka Toumani Sangaré avait promis de rendre public les résultats au fur et à mesure que ceux-ci atterriraient à la CENI, et que de ce point de vue, la posture de M. Bayo n'était pas particulièrement convaincante. Certes, on peut être désolé et déplorer le fait que les journalistes aient souffert le martyre pour finalement rien. Certes, la pression due à l'impatience grandissante est palpable.

Mais tout cela n'excuse pas que des journalistes professionnels s'attaquent ainsi à une institution, fut-elle aussi décriée que la CENI. D'ailleurs, cette attitude tranche avec le sentiment que plusieurs Guinéens, ont désormais, et selon lequel la Commission électorale a qualitativement évolué, entre le premier et le second tours.

Par ailleurs, on peut être surpris que l'on ait brandi la souffrance des reporters basés à la Maison de la presse contre les arguments avancés par M. Bayo. Voudraient-ils faire croire que, juste pour alléger leur souffrance à eux, la CENI devait publier les résultats, même quand elle a estimé que ce n'était pas nécessaire?
Encore que la loi lui autorise trois jours. Les reporters de FM Guinée 2010, auraient-ils oublié que certains de leurs confrères avec lesquels ils disent avoir souffert, sont venus d'autres pays, et que ces derniers savent que le plus important dans leur métier est d'obtenir l'information.

Le journaliste doit savoir que son métier ne le met nullement au-dessus des lois en vigueur et que tout ne lui est pas permis. Mieux, derrière le micro, il doit mesurer sa responsabilité et la portée de ce qu'il dit. Liberté d'expression et de presse ne signifiant pas nécessairement, passe-droit ou anarchie.
Fodé Kalia Kamara pour GuineeConakry.info

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