
Selon l’Elysée la journaliste Camille Lepage « a été victime d'une fusillade, prise dans un affrontement armé entre deux groupes non identifiés pour le moment ». Il semble que la reporter s’était librement embarquée avec des miliciens anti-balaka pour se rendre au nord du pays, sans informer les forces de l’opération Sangaris. Camille serait tombée entre groupes rivaux au cours de son voyage.
En attendant de recueillir tous les témoignages des compagnons d’infortune de la photojournaliste, qui se sont rendus sans opposer de résistance ; et qui ont été conduits à Bangui pour des fins d’enquête, cette mort repose la question de la sécurité des journalistes en zones de conflits. Mieux, c’est aussi toute la problématique des risques du métier et de la responsabilité professionnelle devant le devoir d’informer, qui ressort en puissance.
L’on se souvient encore avec émotion de la mort tragique de nos confrères Ghislaine Dupont et Claude Verlon en reportage à Kidal dans le nord-est du Mali. Ils avaient été enlevés puis assassinés par des « fous d’Allah ».
Les propos du ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius martelant qu’«il ne saurait y avoir d’impunité pour ceux qui, à travers les journalistes, s’en prennent à la liberté fondamentale d’informer et d’être informé », sont certes réconfortants, mais ils nous laissent encore un goût amer, car rien ne remplace une vie.
Surtout que depuis longtemps, on sait que la justice traîne très souvent les pieds. L’exemple de Guy André Kiffer, est là, pour le confirmer. Dix ans après le 16 avril 2004, date de son assassinat à Abidjan, en Côte d'Ivoire, la vérité n’est toujours pas connue. On dirait même que les investigations s’essoufflent. Et Camille Lepage qui colaborait aussi à l'AFP, est déjà la 18ème journaliste assassinée depuis le début de l'année 2014 !
Alors, formulons le vœu que le cas Camille Lepage ne connaisse point le même sort, car les médias méritent mieux.
Maria de Babia pour GuineeConakry.info




















