MEDIA : La photojournaliste Camille Lepage, tuée en Centrafrique

Fauchée à la fleur de l’âge en plein reportage, Camille Lepage, une jeune photographe française, en pleine activité professionnelle en Centrafrique, a été tuée dans des conditions qui restent encore à déterminer. Le monde en est informé par une annonce de la présidence française, dans laquelle François Hollande promet de "tout mettre en oeuvre" pour élucider les conditions du meurtre de la journaliste de 26 ans. Ce sont des éléments de la force Sangaris en patrouille qui ont découvert le corps sans vie de la reporter, alors qu’ils effectuaient un contrôle de routine sur un « véhicule conduit par des miliciens anti-balaka » dans la région de Bouar, exactement dans le village de Fembélé.

Selon l’Elysée la journaliste Camille Lepage « a été victime d'une fusillade, prise dans un affrontement armé entre deux groupes non identifiés pour le moment ». Il semble que la reporter s’était librement embarquée avec des miliciens anti-balaka pour se rendre au nord du pays, sans informer les forces de l’opération Sangaris. Camille serait tombée entre groupes rivaux au cours de son voyage. 

En attendant de recueillir tous les témoignages des compagnons d’infortune de la photojournaliste, qui se sont rendus sans opposer de résistance ; et qui ont été conduits à Bangui pour des fins d’enquête, cette mort repose la question de la sécurité des journalistes en zones de conflits. Mieux, c’est aussi toute la problématique des risques du métier et de la responsabilité professionnelle devant le devoir d’informer, qui ressort en puissance. 

L’on se souvient encore avec émotion de la mort tragique de nos confrères Ghislaine Dupont et Claude Verlon en reportage à Kidal dans le nord-est du Mali. Ils avaient été enlevés puis assassinés par des « fous d’Allah ». 

Les propos du ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius martelant qu’«il ne saurait y avoir d’impunité pour ceux qui, à travers les journalistes, s’en prennent à la liberté fondamentale d’informer et d’être informé », sont certes réconfortants, mais ils nous laissent encore un goût amer, car rien ne remplace une vie. 

Surtout que depuis longtemps, on sait que la justice traîne très souvent les pieds. L’exemple de Guy André Kiffer, est là, pour le confirmer. Dix ans après le 16 avril 2004, date de son assassinat à Abidjan, en Côte d'Ivoire, la vérité n’est toujours pas connue. On dirait même que les investigations s’essoufflent. Et Camille Lepage qui colaborait aussi à l'AFP, est déjà la 18ème journaliste assassinée depuis le début de l'année 2014 !

Alors, formulons le vœu que le cas Camille Lepage ne connaisse point le même sort, car les médias méritent mieux. 

Maria de Babia pour GuineeConakry.info

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