
Ce n'est pas un citoyen ordinaire que Juan Gomez pense avoir en ligne. Son point de vue n'est pas aussi anodin que l'est celui de la ménagère d'un des quartiers populeux et miséreux de la ville de Conakry, ou celui d'un professeur des résidences huppées de Conakry.
Certes, il aurait raison d'arguer que, citoyen comme tout autre citoyen, il a tous les droits pour s'exprimer sur les sujets qui intéressent la nation. Mais lui, c'est un des directeurs de la RTG! Ce n'est pas rien. Mieux, c'est toute la différence. Car le débat son intervention sous le couvert d'un certain anonymat, avec un autre confrère, fausse quelque part le débat.
Cependant, la voix de ce Monsieur est connue de tout le monde en Guinée. Et ce, depuis qu'il officie sur les ondes de la Radio. Mais surtout, depuis un bon bout de temps, ce monsieur anime une émission très suivie sur les ondes de la radio nationale. Pendant cette seconde phase de la Transition, qui a résulté des accords de Ouagadougou, tout ce que le pays compte d'acteurs politiques et sociaux avaient défilé et s'étaient prêtés aux questions de cet homme .
Il avait ainsi bien essayé de se racheter des billets incendiaires qu'il distillait quand il était en odeur de sainteté avec le capitaine Moussa Dadis Camara. Mais quelques auditeurs avaient réussi à percer son impartialité qu'il dissimulait plutôt mal. Tant bien que mal, il avait réussi à se défendre. Mais son passage, cette semaine, sur les ondes de la radio mondiale, donne aux arguments de ses détracteurs un parfum de crédit.
Comment, sachant pertinemment sa position et son statut, a-t-il pu s'exprimer comme il l'a fait avant même que la Cour Suprême ne se soit prononcée?
L'explication peut bien être, qu'il avait besoin de cette tribune que lui a offerte Rfi pour envoyer un message aux autorités qui s'apprêtent à prendre la direction du pays.
L'ironie est que si ses volontés d'il y a encore seulement un an s'étaient faites, Alpha Condé ne serait pas aujourd'hui le président de la Guinée. Il s'était, en effet, évertué à faire des leaders politiques guinéens un portrait pas vraiment reluisant.
On ne devrait guère s'étonner de voir l'homme en question, le jour de l'investiture du Pr. Alpha Condé, dire du bien de Bernard Kouchner qu'il avait jadis appelé Bernard "le cochon"; si ce dernier arrivait en Guinée!
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















