MEDIA ET LIBERTE: Le bel exemple qui vient du Bénin

Des travailleurs du service public dénonçant leurs supérieurs et invitant ces derniers à plus de justice, d'équité...bref, à plus de démocratie. En Afrique, la démarche est suffisamment rare pour être remarquée. C'est pourtant ce qui s'est passé le 13 octobre dernier au Bénin...

Les employés de l'Office de Radiodiffusion et Télévision du Bénin ont ouvertement protesté contre les pratiques et les méthodes de leurs responsables hiérarchiques. Ce qui est vraiment original, c'est que leur colère n'a pas de raisons pécuniaires ou corporatistes.

Le résultat ultime que vise leur action est tout simplement de favoriser le climat démocratique de leur pays. S'exprimant via une lettre adressée à leurs directeur général, les employés de la chaine publique béninoise exigent de leur chef « l'équilibre de l'information et le respect des libertés sur la chaîne publique ».

Leur cri du cœur part du constat de la crise que traverse leur maison et qui risque de ne pas connaître une fin proche vu que « les populations du Bénin, qui ont le choix entre plusieurs chaînes, détournent leurs regards de la Télévision Nationale perçue comme la caisse de résonnance d'un seul courant politique ».

Situation d'autant plus décevante que l'ensemble des « Journalistes, Techniciens et Agents de l'Administration de la Télévision et de la Radiodiffusion en particulier, de l'ORTB en général » reconnaissent les « nombreuses violations des libertés » et « la censure sous toutes ses formes ».

Preuves à l'appui et des exemples plus qu'évocateurs, les protestataires s'insurgent contre « l'absence de débats contradictoires sur les écrans » de la télévision nationale et contre ce qu'ils ont appelé « des débats programmés et déprogrammés au dernier moment pour des raisons inavouées ».

A cette situation peu reluisante, ils apposent tous les arguments juridiques en faveur du respect de la liberté de la presse. Ainsi, selon eux, la Constitution du Bénin, en son article 24 dispose: « La liberté de la presse est reconnue et garantie par l'Etat. Elle est protégée par la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication. ».

De même, l'article142 prévoit, entre autres que: « La Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication... veille au respect de la déontologie en matière d'information et à l'accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels d'information et de communication. »

En résumé, les pratiques et les méthodes de leurs chefs sont, aux yeux des travailleurs de l'Office de Radio et de Télévision public du Bénin, sont illégales. Pratiques et méthodes, si elles ne sont pas arrêtées pourraient, selon eux, « nuire dangereusement au pays et à la démocratie, déjà mise à mal par une atmosphère politique et sociale de plus en plus tendue ».

Cette attitude devrait inspirer beaucoup d'autres confrères sur le continent africain. Car, il est bien vrai que les problèmes évoqués par les Béninois ne sont pas connus qu'au Bénin. Il y'en a d'ailleurs où c'est encore pire. Mais, là-bas on préfère se taire pour ne pas nuire à leurs intérêts égoïstes. D'ailleurs, la Guinée semble bien incarner cette situation. Mais ici l'audience de la Radio et/ou de la Télévision ou la liberté des journalistes, on ne s'en soucie guère.

Fodé Kalia Kamara pour GuineeConakry.info

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