
Je voulais améliorer les services de télécommunications, d'électricité, je n'ai pas eu de résultats tangibles. Même si par ailleurs, j'ai des perspectives. Mais, comme vous me donnez l'occasion, je vais vous faire le point.
Qu'est ce qui a été fait de positif? Qu'est ce
qui reste à faire et quelles sont les perspectives?
Parce que c'est surtout ça qui est important. Par rapport à la normalisation de nos relations avec nos partenaires au développement. De la relation avec les bailleurs de fonds, il faut dire déjà que le FMI est là. On a pu négocier à défaut d'un programme formel, un programme informel,
que juridiquement va du 1er avril 2005 au 31 mars 2006. Mais, il faut dire qu'en fin d'année comme je l'ai rappelé ici nous étions comme je le disais suspendus chez tous les partenaires au développement. Pour certains, à cause d'arriérés, pour d'autres, déficit démocratique et mauvaise gouvernance économique. Les bailleurs de fonds qui financent le programme de développement où nous étions suspendus pour cause d'arriérés, nous avons fait l'effort de payer. Nous avions déjà demandé l'année dernière à CBG de nous avancer 15 millions de dollars qui constituent le stock d'arriérés à l'égard de la BAD et dont tous les projets étaient suspendus à cause d'arriérés. Nous avons négocié avec le Fonds Saoudien de Développement pour qu'il accepte de rééchelonner tous les arriérés au 31 décembre 2004 et tous les services de 2005 ; il a accepté. Lorsqu'on n'a pas un programme avec le FMI,
on ne peut pas aller au club de Paris, on ne pas aller faire le point d'achèvement de l'initiative de PPTE, on est bloqué. C'est pourquoi, un programme avec le FMI est un élément important. Nous avons fait la même chose avec la BADEA qui a accepté de reprendre les tirages sur les accords en vigueur et de nous rééchelonner tous les arriérés. Nous avons fait la même chose avec la BID et nous avons fait un miracle avec l'Agence Française de Développement à l'égard de laquelle nous avions 26 millions de dollars d'arriérés.
En avril, lorsque je suis allé avec le ministre de l'Economie et des Finances à Paris, ils ont accepté de signer et de reprendre la coopération ave la Guinée à titre exceptionnel et Madikaba peut le témoigner. Si vous voyez le retard pris dans la 2x2, l'échangeur de Moussoudougou, la 2x3 voies entre Moussoudougou, c'est la BAD également, la gare routière de Simbaya. Le point d'achèvement de l'initiative PPTE, c'est entre 800 millions de dollars et un milliard de dollars d'annulation qu'on peut espérer, ce qui n'est pas négligeables. En tout cas, le service de la dette qui est aujourd'hui près de 175 millions de dollars par an, elle pourrait passer de 65 à 70 millions de dollars par an. C'est qui est soutenable dans les conditions normales d'une économie qui aurait été aussi dans élan que nous avions commencé à enregistrer à la fin des années 90.
Du problème récurrent d'électricité:
face à l'électricité, quel est le problème?
On avait informé le Guinéen sur nos propres faiblesses. Nous avions mobilisé le communiqué.
Sur le plan politique, il y a ce qu'on a pus faire. Au départ, le Président m'a instruit de recevoir les partis politiques et de travailler pour une
description de la vie politique. J'ai eu cette réunion, on a essayé de décrisper un peu les relations entre les partis. Je crois qu'on a procédé à la libéralisation des ondes et le dialogue a pu reprendre. On n'a mis en place la CENA. Je pense qu'il y a quand même une description réelle. C'est vrai, il y a toujours des préjugés parfois fondés, parfois non fondés. Mais, je pense que des progrès importants ont
été accomplis. Je pense que les élections communales, nous avons assisté à une participation de tous les partis politiques. Tous les bailleurs de fonds aussi ont accepté de soutenir le gouvernement dans l'organisation de ces élections, financièrement, sur le plan matériel et logistique. Politiquement, ils accompagnent le gouvernement et ils sont satisfaits des efforts qu'on a fourni pour organiser les élections. Je pense que ça fait partie des choses positives qui ont eu lieu.
Du domaine des mines
Dans le secteur minier, beaucoup de conventions ont été signés. Je pense que ce sont des avancées. Les perspectives sont bonnes dans la mesure où si nous parvenons très rapidement à conclure un programme avec le Fonds et reprendre le chemin vers le point d'achèvement de l'initiative PPTE, les aides budgétaires vont reprendre et les investissements qui s'annoncent vont se traduire par une augmentation non
négligeables de la croissance et les revenus de
l'Etat. Je pense que 2007 devrait être vraiment une année très importante si nous parvenons à mettre en oeuvre effectivement l'ensemble des mesures prévues dans le programme avec le FMI. Je pense qu'avec l'Union Européenne, on a débloqué un certain nombre de choses, les reliquats des FED antérieurs, l'enveloppe B du 9ème FED, il reste l'enveloppe A dont le décaissement est subordonné à l'organisation des élections satisfaisantes. Je pense que les choses se passent très bien à cet égard.
Sur le plan diplomatique
Il y a eu un lobbying important, il y a quelque chose qui ne s'est pas matérialisée. Mais, on a pus vendre nos efforts, vendre nos situations. J'ai rencontré beaucoup de personnalités y compris le Président américain George Bush, son Secrétaire d'Etat Condoliza Rice, j'ai rencontré deux fois déjà le Directeur Général du FMI, deux fois le Président de la Banque Mondiale, cinq fois le Commissaire au Développement de l'Union Européenne, Louis Michel, deux fois le Ministre
de la Coopération de France, son Ministre des Affaires étrangères, deux fois le Directeur Général de l'Agence Française de Développement deux fois. Je pense que l'image de la Guinée aujourd'hui a été vraiment redorée, les gens fondent beaucoup d'espoirs sur les perspectives que nous sommes en train de créer ici
pour changer l'image du pays et surtout les conditions de vie des populations.
Des problèmes sociaux
J'ai rencontré les syndicats, ils m'ont expliqué la
situation que nous vivons qui reste encore très
difficile. Je leur ai demandé d'accompagner le
gouvernement dans les efforts que nous faisons pour changer cette situation. L'instabilité sous régionale et les attaques dont nous avons été victimes ont perturbé notre marche.
Ce n'était pas un grand pas, mais en 2000 si tu
faisais 5% de croissance, il avait un taux d'inflation de moins de 5%, c'était une bonne performance macro-économique dans la sous région. Mais depuis ça, le taux de croissance est resté très faible jusqu'à atteindre 1,2% en 2003, c'est-à-dire, largement en dessous du taux de croissance de la population.
Le transport public
Nous sommes en négociation avec les Japonais qui pourraient nous donner des bus pour
le transport public. Ce n'est pas tout à fait acquis, on n'a la premesse, les négociations sont en cours pour essayer de combler un peu le déficit des services de transport notamment dans l'agglomération de Conakry. Ce que vous devez savoir, c'est qu'aujourd'hui il y a des choses qu'on peut souhaiter, mais on a pas les moyens. Je pense que les perspectives sont bonnes actuellement. On ne pourra pas améliorer fondamentalement en 2006 les conditions de vie de la population, mais si on maintien le cap, il est fort probable qu'à partir de 2007, qu'on ait vraiment les moyens de changer un peu les choses.
Propos recueillis par Ibrahima T. DIALLO




















