MATHURIN GOUVERNEUR : Les 5 défis majeurs de Conakry

En dépit de la controverse qu’a suscitée la nomination de Mathurin Bangoura à la tête du gouvernorat de Conakry, à cause de son inculpation dans le dossier du 28 septembre, ce dernier devrait être éventuellement en face, à notre avis, de cinq défis majeurs à relever que sont : la sécurité, la salubrité, la circulation routière, l’aménagement des espaces verts, l’assainissement des marchés.

Pour permettre non seulement d’amorcer une rupture dans la gestion des affaires de  la capitale guinéenne, mais aussi pour impulser une nouvelle dynamique au gouvernorat de Conakry, dont la gestion s’est trop longtemps bornée à la propagande politique en faveur du régime au pouvoir. 

De la sécurité. L’enjeu est de taille, au moment où les pays voisins font face à l‘ire et à la folie terroristes, avec la dernière en date, l’attaque contre des hôtels sur une station balnéaire à Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, qui a coûté la vie à 19 personnes, y compris des expatriés. La Guinée qui, justement, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, est engagée aux côtés de  la Minusma au  nord-Mali, en proie aux groupes djihadistes qui y sévissent, et dont récemment  le contingent a fait les frais d’une attaque d’Aqmi, qui a coûté la vie à 7 de ses soldats ; elle, a le devoir de se prémunir contre une éventuelle attaque à l’intérieur de ses frontières.

La sécurité intérieure guinéenne parait défaillante, pour ne pas dire assez laxiste. La récurrence dans les attaques à main armée, les braquages, les assassinats, en font suffisamment foi. Sans oublier des frontières extrêmement poreuses. Ce qui a permis notamment à l’un des djihadistes les plus recherchés de Mauritanie, de se retrouver du côté de Boké, avant d’être arrêté. Et ces infos dans les médias faisant état de la présence sur le sol guinéen d’un autre Mauritanien affilié à des groupes djihadistes, qui aurait été arrêté et mis en détention par les autorités.

Il est évident que la sécurité intérieure nationale nécessite une véritable politique nationale des autorités au plus haut niveau. Cependant  la ville de Conakry a un rôle central à jouer dans cette perspective.

De la circulation routière. Des efforts doivent être entrepris pour mettre fin à l’anarchie quotidienne sur les routes de Conakry. Avec la police et le ministère en charge des transports, poser le diagnostic et trouver des solutions adéquates à ce phénomène, celui entre autres des embouteillages, un facteur non négligeable de contre productivité économique dans tous les secteurs.

De la salubrité. Jusqu’à maintenant c'était le thème de prédilection du défunt prédécesseur de Mathurin Bangoura, l’insalubrité de la ville de Conakry est symptomatique d’un manque d’hygiène publique, et expose les populations éventuellement à des maladies de toutes sortes. Il est temps de réfléchir à des solutions idoines, pour redorer le blason d’antan de la capitale guinéenne, qui était qualifiée à juste titre ‘’de perle de l’Afrique’’, à l’époque à cause justement de la pauvreté de ses rues. Il est temps d’agir avant l’arrivée des grandes pluies. Les accords signés dans se sens avec le Rwanda ne devraient pas dormir dans les tiroirs, on l’espère.

De l’aménagement. Conakry est l’une des rares capitales africaines à ne pas disposer d’espaces verts véritables. Déguerpir les voies publiques c’est bien, mais les aménager c’est encore mieux. Les embellir, planter de nouvelles espèces d’arbres, élaguer les vieilles branches, pour éviter les catastrophes. Force est de constater que les espaces réservés ont été pour la plupart vendus vendus à des particuliers, en complicité avec certaines autorités.

Des marchés. Le cadre d’hygiène des marchés à Conakry est tout simplement lamentable. Cette situation est encore pire en saison hivernale où les femmes étalent pratiquement leurs marchandises dans la boue. Aggravée  par les eaux de ruissellement qui inondent ces lieux non conformes à aucun principe d’hygiène. Cela pose de véritables problèmes de santé publique. Le gouvernorat doit mettre en branle certaines injonctions pour rendre les marchés  de Conakry plus dignes. Les taxes prélevées quotidiennement sur les vendeuses devraient normalement permettre de les assainir.

Si ces 5 défis sont relevés, les Conakrykaé*, pourront véritablement penser qu'enfin le changement tant souhaité pour cette ville capitale, a commencé!

* Habitants de Conakry, en langue nationale soso.

Mamadou Aliou DIALLO pour GCI

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