MASSACRE DU 28 SEPTEMBRE : L’évolution tortueuse vers le procès

Le 28 septembre, c’est d’abord et avant la commémoration du ‘’Non’’ historique de la Guinée à la communauté française de Charles de Gaule. Puis vint le drame du 28 septembre 2009 qui, par sa gravité et a terrible ampleur, a, hélas, ensanglanté cette date historique, pour se superposer à ce moment de fierté et de dignité, avec les horribles impacts de balles réelles, qui ont fauché plus de 150 âmes, en une seule journée; semant au passage l’opprobre, avec ces viols multiples, presque à ciel ouvert !

Depuis sept ans, la Guinée s’est ainsi engagée sur les sentiers tortueux vers un procès qui se fait toujours. Malgré les promesses répétées de justice, de fin de l’impunité et des moments d’espoirs évanescents. Malgré l’instruction et les inculpations, malgré une certaine volonté affichée par le pouvoir d’Alpha Condé pour ce procès, les victimes vivantes de cet inoubliable meeting de l’opposition transformé en mare de sang, peinent à se voir reconnaître, juridiquement, l’immensité du tort qu’on leur a fait pour rien !

Ce procès qui n’arrive pas encore, en dépit de tous les efforts de la communauté internationale, avec par exemple, la Commission d'enquête des Nations unies, qui a remonté le mécanisme des massacres, pour les classer comme « crimes contre l’humanité, les Guinéens en sont encore aux tergiversations inavouées, aux contradictions assumées avec la présence de plusieurs inculpés aux affaires de l’Etat. Malgré les pressions constantes de la FIDH, Madame Fatou Bensouda de la Cour pénale internationale et celles de l’Association des victimes, parents et amis du 28 Septembre (Avipa), les hommes de l’ancien chef de la junte militaire, Moussa Dadis Camara, aujourd’hui en exil au Burkina Faso – qui été aussi inculpé et entendu – ces hommes-là font encore de la résistance, en se mettant avec zèle au service des autorités actuelles. Des inculpés comme Moussa Tiégboro de la lutte anti-drogue, le général Mamadouba Toto Camara, Dr Abdoulaye Chérif Diaby, ex-ministre de la Santé, Mathurin Bangoura, actuel gouverneur de Conakry sont entre autres de cette ‘’équipée’’.  

Entre Toumba Diakité inculpé, mais porté disparu et Sékouba Konaté résident à l’extérieur et le colonel Claude Pivi de la sécurité présidentielle et Dadis Moussa Camara, les Guinéens sont à la fois confus et désireux de moments de vérité, de face à face directs au cours d’un procès que chacun attend de tous ses vœux, pour mieux comprendre ce qui s’est vraiment passé ce 28 septembre 2009. Surtout que les magistrats qui ont entendu plus de 440 individus, n’auront point autant de témoins.

Triste anniversaire avec un regard austère, en attendant le procès…

 

Maria de BABIA pour GCI

 

 

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