
Toujours aussi virulent à l’égard du régime Condé, le président de l’UFDG a tenu un discours va-t-en guerre pour motiver ses militants en perspective de la marche de ce lundi qui s’annonce plutôt mouvementée.
Propos caustiques de Cellou Dalein: « M. Alpha Condé est animé par le pouvoir personnel. Il s’est battu quarante ans soit disant pour la démocratie, mais il a montré qu’il s’est battu pour l’instauration du pouvoir personnel. Avec son petit clan, ils pillent le pays, font reculer la démocratie et violent nos droits ». Il a par ailleurs indiqué la nécessité que la marche du lundi soit un succès particulièrement dans la capitale Conakry et à l’intérieur du pays « Nous ne pouvons pas abandonner tous ces sacrifices et laisser Alpha Condé diriger le pays comme il le veut, en violation manifeste des lois. C’est pourquoi, nous invitons nos militants et sympathisants à se mobiliser massivement le lundi pour montrer à Alpha Condé qu’on n’est pas prêt à accepter", a-t-il laissé entendre.
Et Cellou Dalein de prévenir « Si on laisse Alpha Condé continuer sa fuite en avant, les droits des générations futures seront compromis. Les Guinéens doivent être des princes demain ». En outre Cellou Dalein a déclaré que la Ceni, au respect de la loi, devrait s’atteler à organiser les élections communales. Ne pas le faire est une violation évidente de la loi, a-t-il évoqué en substance.
Du côté de l’UFR de Sidya Touré, également en assemblée générale, le tempo est le même. La détermination inchangée. A l’absence de président de l’UFR, le député Saikou yaya Barry n’y est pas allé du dos de la cuillère. Revenant sur le discours que le président a tenu ce vendredi 1er mai, à l’occasion de la fête du travail, le député pense que le moment est venu de se débarrasser du président Condé qui, selon lui , a prouvé encore une fois de plus qu’il n’était pas à la hauteur de tenir les rênes de ce pays, avant de lancer de façon on ne peut plus claire : « Levons-nous pour chasser Alpha Condé, j’invite les responsables des fédérations et sections de Conakry à s’organiser pour donner une dimension reluisante à la manifestation du lundi » s’est-il exprimé.
Dans les QG des ténors de l’opposition le ton est donc donné : poursuivre les manifestations pour maintenir la pression sur le pouvoir, au pire, en profiter pour demander le départ du président Condé.
Du côté de la mouvance la tactique, personne n’a, semble-t’il pas bougé, elle compte jouer sur l’usure et l’effritement des mouvements de manifestations, tout en s’appuyant sur une police et une gendarmerie promptes à réprimer les marches. Ce qui, au vu de la situation actuelle, n’est pas gagné d’avance. Mais cela pourrait s’avérer payant, dans l’hypothèse où l’opposition ne parvient pas à faire bouger les lignes dans les semaines ou mois qui suivent. Car force est de reconnaitre que ces manifestions quasi répétitives, et qui ne produisent pas de résultats, commencent à lasser et à peser lourd sur les populations. Y compris dans les rangs de l’opposition.
C’est donc vers un autre lundi à haut risque que l’on pourrait s’acheminer avec toute la détermination affichée dans les deux camps pour en découdre. En somme une lutte d’égos qui ne dit pas son nom mais des allures de guerre économique contre le pays lui-même.
Mamadou Aliou DIALLO pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















