
Fondamentalement, deux problèmes essentiels opposent les patrons de la Société guinéenne des palmiers à huile (SOGUIPAH) et les populations de Djécké. Il s’agit avant tout du manque d’emploi dont les jeunes de la localité se plaignent de la part des responsables de la société. Face à un tel argument, la SOGUIPAH s’est jusqu’ici abritée derrière le fait qu’elle ne peut admettre en son sein, que ceux dont les compétences sont en adéquation avec ses besoins. Mais il y a un second problème relatif aux ristournes que la société doit verser à la communauté locale.
Sur ce sujet, les débats n’ont pas été suffisamment portés à l’attention de l’opinion publique. Mais du côté des populations locales, on tient d’autant plus fermement à ces revendications, qu’elles seraient légitimées par le fait que la société exploite les terres, dont certains des membres de la communauté locale, étaient les propriétaires. Comme pour dire que la venue de la société a privé quelques-uns des bénéfices qu’ils tiraient directement de leurs activités agricoles.
Ce sont donc ces divergences qui n’ont pas su trouver de solution qui auraient conduit les femmes de Diécké à sortir le vendredi dernier. Dans leur colère, elles auraient essayé de bloquer la marche de l’usine. Mais sous l’ordre des responsables locaux dont le préfet de Yomou, les forces les en auraient empêché.
Selon nos sources, certains membres de ses forces de l’ordre auraient eu la gâchette trop facile. Du coup, des manifestations qui se seraient poursuivies tout le week-end et même ce lundi, il aurait résulté entre un et cinq morts. Bilan non encore confirmé du côté des autorités aussi bien locales que nationales.
Il est vrai que l’éloignement et l’enclavement relatif de la zone ne sont pas pour faciliter la circulation rapide des informations. Cependant si ce bilan devait être confirmé, il viendrait alors s’ajouter à une sombre liste d’événements malheureux dont la Guinée est le théâtre depuis quelques semaines.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















