
Depuis une dizaine de jours que les jeunes sont les rues, marchent, se cachent, caillassent, brûlent des pneus et scandent des slogans révolutionnaires ; la fatigue progressivement, même s’ils refusent de le reconnaître par orgueil, la fatigue a bien fini par les gagner. Inexorablement. Comme Jésus le disait aux apôtres : « l’esprit est ardent mais la chair est faible.»
Un signe qui ne trompe pas
Maintenant que la Cour constitutionnelle a légalisé la boulimie de la troisième candidature de Nkurunziza, jouant sur cet éreintement des manifestants, il est clair que les jeunes dépités veulent souffler un peu. Malgré les soubresauts encore perçus encore hier à Bujumbura, la réaction globalement flasque constatée après l’annonce de ladite validation est un signe qui ne trompe pas.
Les quartiers de Mutakura et Musaga, foyers incandescents de la contestation, ne vont certainement pas baisser les bras du coup. Ils tenteront d’autres actions d’éclat, pour se faire entendre, mais à l’image de cette journée du 5 mai, une période un peu plus calme s’annonce. Avant que les esprits à nouveau ne s’échauffent, si jamais, le pouvoir se croyant victorieux, tentait d’autres forcings ou encore, choisissait de montrer ses muscles à travers les forces de l’ordre. Celles dont la présence massive sur les artères principales de Bujumbura, énervent toujours les manifestants.
Pour éviter le pire
Il ne faudra surtout pas Nkurunziza oublie que les paroles du vice-président de la Cour constitutionnelle en fuite, Sylvère Nimpagaritse résonnent encore dans les oreilles des manifestants. "En mon âme et conscience, j'ai décidé de ne pas apposer ma signature sur un arrêt, une décision qui carrément est à côté de la loi et qui a été imposée de l'extérieur, qui n'a rien de juridique".
Pour ce geste-là et pour que le sacrifice des manifestants ne soit pas vain, les autorités ont tout intérêt à repenser leur conception du pouvoir pour éviter le pire. Enfin concluons avec Nelson Mandela qui disait : « Que règne la liberté. Car jamais le soleil ne s’est couché sur réalisation humaine plus glorieuse. »
Maria de BABIA pour GCI
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