MAMOU: La fête du handicap

Le jeudi dernier, la ville carrefour de Mamou en général et le terrain de basket-ball en particulier ont abrité un événement bien singulier. Ce jour-là, en effet, les Mamounais se sont réunis dans l’enceinte de cet espace de jeux dédié à feu “Hadja Fatou Aribot” pour célébrer le handicap à travers la 3ème édition des jeux paralympiques que le Centre Konkouré de Guinée-Solidarité Provence organisait. Pendant plus de deux heures, les handicapés et le handicap étaient perçus autrement que sous les prismes de la compassion, de la pitié, de la résignation et du désespoir. Au contraire, l’événement aura permis au public qui avait massivement répondu à l’appel des organisateurs de découvrir des jeunes handicapés prêts à rivaliser, sans aucun complexe avec des amis ne souffrant d’aucun handicap. Justement, ce qui aura été véritablement noté c’est bien la mixité sur laquelle les organisateurs ont manifestement insisté. Sur le plan des jeux proprement dits, quatre équipes se sont affrontées dans les disciplines respectives du bowling, des tirs au bout, du lancer dans le panier (basket), du lancer dans les pneus, de la course aux fauteuils roulants ainsi du football.. Devant une grosse mobilisation des autorités régionales et du ministère des Affaires sociales de la promotion féminine et de l’enfance... 15:39 29-4-2013

Justement, parmi ces personnalités, on notait, entre autres, la présence du directeur national de la protection sociale, Moussa Traoré, qui avait à ses côtés le directeur régional des Affaires sociales, de la promotion féminine et de l’enfance.

Pour la réussite de l’événement, le Centre konkouré avait sollicité et obtenu le partenariat du Centre d’écoute, de conseil et d’orientation pour jeunes (CECOJE) et de la Joie de vivre en commun (JVC). L’événement était sponsorisé par la Société générale des Banques en Guinée (SGBG).

C’est aux alentours de 16 heures que les choses ont commencé. Dans un premier temps, les concurrents répartis en quatre équipes ont du simultanément s’affronter dans des épreuves d’adresse (Bowling, tirs au but, lancer dans le panier et lancer dans les pneus). Pour la circonstance, la pelouse était tout naturellement divisée en quatre. Pendant une heure, le public n’avait que l’embarras du choix. Un agent en charge de reporter les points était affecté à chaque équipe.

Après, le terrain fut partagé en deux pour accueillir simultanément les deux matches de football. Cette première manche fut séparée par la finale par la course aux fauteuils roulants. Une discipline que le public a particulièrement appréciée. A telle enseigne qu’organisateurs et agents des forces de l’ordre ont été obligés d’intervenir pour ramener les spectateurs dans les limites de l’espace de jeu. Et un peu avant la tombée de la nuit, les deux finalistes se sont affrontés. Un combat qui ne se dénoue cependant qu’à l’épreuve fatidique des tirs au but.

Mais il est à rappeler que l’enjeu n’était nullement compétitif. D’ailleurs, une affiche proclamait clairement : « L’essentiel est de participer ». Un message que le public aura du reste compris. En témoignent les sentiments que certains spectateurs ont livrés à l’issue des jeux.

Ainsi pour M. Moussa Traoré, directeur national de la protection sociale, le principale satisfaction aura été de prendre part à une activité où « jeunes handicapés et jeunes normaux auront jouer ensemble et partager dans la joie et la ferveur ». Il en tire comme conclusion que : « Le Centre Konkouré est en train de faire un travail formidable ». Il est enthousiasmé au point qu’il promet : « Dans deux semaines, une mission du ministère viendra discuter avec les autorités de Guinée Solidarité et du Centre Konkouré précisément pour essayer de définir un cadre de collaboration parce qu’à terme il faut que l’Etat prenne le relais. Ce cadre de collaboration définira l’implication du département dans le fonctionnement du Centre ».

Pour sa part, Juliane Hennerichs, une touriste allemande de passage par la ville-carrefour et qui en aura profité pour prendre part aux jeux, confie avoir clairement saisi la mission du Centre Konkouré. Mission qui, selon elle, consiste à « donner de la force, des compétences, du courage et de l’espoir aux personnes handicapées ».

Dans la 3ème édition des jeux paralympiques de Mamou, il y avait « une invite à la reconnaissance et au respect des droits des personnes handicapées ». C’est du reste la définition que donne d’eux, Bah Ousmane, assistant principal au chef du CECOJE. Par ailleurs, il en tire comme principale leçon, le fait « que les personnes handicapées ne sont en rien différentes des autres êtres humains ».

Aussi habituée qu’elle est aux pensionnaires du Centre Konkouré, Mme Rabi Barry, formatrice en Alphabétisation audit Centre demeure émerveillée par l’évolution qui s’est opérée chez certains d’entre ses élèves : « Avant mes élèves n’osaient pas le monde. Ils ne pouvaient même pas s’exprimer en présence de deux ou trois personnes. Or, aujourd’hui, comme l’aurez remarqué vous-mêmes, ils ont joué et se sont amusés devant un public plutôt compact. Ce qui est en soi un énorme progrès ».

Pour Alsény Bangoura aussi, les jeux paralympiques auront provoqué un déclic. Elève du groupe scolaire “Elhadj Aboubacar Doukouré”, il a la particularité de s’être entrainé avec les joueurs du centre Konkouré pendant une certaine période, sans être handicapé. A la fin des jeux, il confie, parlant des personnes handicapées : « Avant je les voyais trainant à quatre pattes et dans la poussière, un peu renfermés sur eux-mêmes. Ils me faisaient un peu pitié. Mais après cette période d’entrainement et l’activité d’aujourd’hui, je réalise qu’ils peuvent faire tout ce que les autres personnes non handicapées peuvent faire ».

Enfin, preuve que le message du Centre Konkouré est plutôt bien assimilé, c’est Mamadou Aliou Bah, 3ème année Mécanique dans le même centre qui apporte l’ultime appréciation de ces jeux paralympiques. Se trainant sur la dalle du terrain de basket, et ne se préoccupant aucunement de ce qu’on peut penser de sa façon de marcher, il déplore tout d’abord l’attitude qui serait celle des parents des personnes handicapées. Selon lui en effet, « Généralement, devant un enfant handicapé, les parents concluent très vite à son incapacité absolue ». Or, poursuit-il, « au cours de ces jeux, nous avons démontré au public que nous sommes bien capables de quelque chose ». Prenant exemple sur lui-même, il affirme avec un brin de fierté et comme pour prendre une revanche : « Avec l’appui du Centre Konkouré, je suis aujourd’hui capable de dépiécer une moto, de la réparer et de remettre toutes les pièces à leur place initiales »  

©  2013 Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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