
... dont les excédents constituent un véritable casse-tête pour les producteurs du Foutah...
Nous avons rencontré le président de la fédération patronale des agriculteurs avec lequel nous avons également parlé de la crise au sein du patronat guinéen. Interview.
- GCI: une crise secoue actuellement le patronat guinéen, dites-nous ce qui ne va pas réellement...
- Mamadou Saliou Kaltamba: Il faut dire que la crise au sein du patronat guinéen ne devrait pas exister. Il est vrai que le président du patronat Mamadou Sylla a des démélés avec l'Etat. Mais, cette crise a son origine dans la violation du statut et du réglèment du Conseil national du patronat. Parce que, seulement six membres du bureau exécutif ont décidé de mettre en congé Mamadou Sylla, en violation des textes en vigueur. Alors que le CNP, est une institution libérale et autonome à laquelle chacun est libre d'adhérer en se conformant au statut.
En effet, les gens qui sont partis du patronat sont signataires de ce statut là. Il y en a parmi eux qui sont membres fondateur du CNP. J'estime qu'ils n'ont pas respecté le statut qu'eux mêmes ont voté.
D'abord, ils ont tenu leur réunion en dehors des locaux du patronat. Ensuite, ils ne sont pas l'organe qui puisse décider de la mise en congé de Mamadou Sylla. Le conseil exécutif est composé de quarante deux membres, issus de vingt et une fédérations, seuls habilités à rendre cette décision. Le bureau peut également demander au président de convoquer une assemblée générale. voilà ce qui est à l'origine de cette crise.
- GCI: Alors comment respecter le statut du CNP?
- MSK: Comme je vous l'ai dit au départ, l'adhésion au Conseil est libre. On ne peut donc pas les obliger à revenir. Mais jusqu'à preuve de contraire, le siège du CNP-Guinée reste et demeure à l'ex Air Guinée dans la commune de Kaloum. Aujourd'hui, Elhadj Mamadou Sylla a des problèmes. Mais, aussi un jour, Elh Youssouf Diallo peut avoir des problèmes. Qui sait... Mais, si on n'a pas d'égard pour les textes que nous avons fait nous-mêmes, à quoi bon de se regrouper alors. Donc nous ne demandons pas mieux que le respect du statut qui régit notre institution. Il y a huit centrales syndicales en Guinée. Pourquoi ne pourrait-on pas avoir deux ou trois patronats en Guinée un jour?
- GCI: Quel appel lancez-vous pour vous retrouver?
- MSK: Moi je leur dirai que ce n'est pas la fin du monde. Il y a eu par le passé des problèmes plus graves que celui de Mamadou Sylla. C'est dire que tout est éphémère. par le passé, nous avons collaboré avec ces partants et nous avons mangé ensemble dans le même plat. On sait donc comment chacun est venu au patronat. Donc la meilleure des choses serait de s'asseoir autour d'une table pour discuter de nos propres problèmes. Je pense qu le marché guinéen est très petit pour abriter deux organisations patronales.
- GCI: Y a-t-il une possibilité de sortie de crise?
- MSK: Je pense qu'il va faut que l'on s'essaye autour d'une table pour discuter. Partout où un problème se pose, il existe toujours des facilitateurs. Aujourd'hui le bureau international du Travail va venir en Guinée pour faire l'état des lieux. C'est son travail, mais, il faut qu'à l'interne nous réussissions à nous entendre.
- GCI: En tant que président de la fédération patronale des agriculteurs, que comptez-vous faire pour soulager les pauvres cultivateurs confrontés à des problèmes d'écoulement de leurs produits?
-MSK: Je vous informe que c'est un dossier qui est sur table actuellement. Parce que les intrants agricoles font défaut. Mais aussi, et surtout le gros du problème se situe dans l'écoulement des produits, aggravés ces derniers temps par la publication de l'arrêté conjoint interdisant l'exportation et la réexportation des produits agricoles, halieutiques et forestiers. Cela voudrait dire qu'il se posera certainement la question d'amélioration de la productivité.
II est vrai qu'il existe des produits que qui ne sont pas vendables sur le marché guinéen. Mais, si on interdit de les exporter , je ne sais ce qu'on va en faire. Par exemple des tonnages d'anacarde traînent depuis un temps à Boké. La dernière fois, il y avait plus de 23.000 noix de coco qui sont en train de pourir dans la même région. Parce que simplement le marché guinéen est débordé.
Alors que les Sénégalais en ont besoin dans leur vie de tous les jours. Les agriculteurs du Fouta, non plus, ne savent plus que faire de leur excédent de pommes de terre. Je pense qu'il faut que l'arrêté conjoint soit suivi d'un arrêté d'application plus réaliste. Sinon, c'est un pan important de notre économie qui prend l'eau. Sans démagogie, il faut rapidement que le PM y fasse une priorité. Il y va de l'intérêt de la Guinée et de tous les Guinéens.
Propos recueillis par Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info




















