
Depuis le début de la crise à la mi-janvier, c’est certainement la plus grosse mobilisation qui ait été réussie à Bamako. Jusqu’à 60.000 personnes ont répondu, hier, à l’appel du Haut conseil islamique malien. Un défi que n’avait jusqu’ici réussit aucune instance politique. Pas celles qui ont soutenu le coup d’Etat du 22 mars, pas non plus celles, très nombreuses, qui y étaient opposées. C’est dire que cette instance est probablement la plus consensuelle qui soit actuellement dans le schéma social malien. Une légitimité dont pourraient bien se servir les leaders religieux du pays, pour imposer de fait leur prise en compte dans l’optique de la résolution de la crise.
En tout cas, en attendant, les principaux responsables religieux ont saisi l’occasion du meeting d’hier, pour affirmer unanimement leurs souhaits en faveur d’un Mali pacifié et réconcilié. Mais Mahmoud Dicko en aura également profité pour faire une certaine autopsie de la crise malienne qui, selon lui, au-delà des contingences actuelles, tirerait son origine de la trahison et de la corruption.
Bien qu’au regard du contexte actuel, la lutte contre ces deux fléaux ne soit pas au rang des priorités, on a l’impression que l’imam Dicko n’a pas forcément tort. Fondamentalement, en mettant en avant ces deux facteurs, il rejoint tous ceux qui, avant lui, avaient abouti au fait qu’avant le 17 janvier dernier, le Mali était un géant démocratique aux pieds d’argile. Faisant illusion, le pays a donné l’image d’une certaine solidité du point de vue notamment de ses institutions. Malheureusement, cette image-là, était comme virtuelle; elle n’a pas longtemps résisté aux premières secousses.
Pour en revenir au Haut conseil islamique musulman, face aux rodomontades puériles auxquelles se livrent les différents camps politiques maliens et aux caprices du Conseil de sécurité des Nations unies, cette institution religieuse pourrait bien être la seule dont la volonté de résoudre la crise malienne, est à la fois manifeste et porteuse de vraies chances pour réussir.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















