
Visiblement, le président Ibrahim Boubacar Keïta a conscience qu’un de ses chantiers prioritaires c’est la préservation de la souveraineté nationale. De même, il ne perd pas de vue que l’atteinte de cet objectif passe par une refondation de l’armée malienne. C’est ainsi qu’à la faveur du séjour qu’il effectue depuis le lundi dernier dans la région de Mopti, il s’efforce de galvaniser les soldats. Pour cela, il se garde bien d’insister sur les faiblesses dont la grande muette a fait montre face à l’ennemi du nord. Evitant d’accabler l’armée de son pays, il aura tenu le discours convenu, selon lequel cette dernière, négligée par les précédents dirigeants du pays, et minée par des pratiques de corruption et de népotisme érigées en règle, ne pouvait valablement faire face à la puissance de feu des ex-occupants du nord du pays.
A en croire IBK, la donne devrait changer sous son magistère. D’autant plus qu’il a tenu à préciser, il n’est pas à sa première dans la gestion de la problématique de l’armée dans son pays. Déjà, a-t-il rappelé, il était allé au-devant des défis des soldats maliens, du temps où il était à la primature. Comme pour dire que l’entreprise qui s’offre à lui aujourd’hui, aussi délicate et titanesque qu’elle peut être, ne lui est pas étrangère pour autant. Se voulant concret, il a ordonné en présence de son ministre de la défense et de tous les hauts gradés de l’armée, le paiement dans les meilleurs délais des primes spéciales d’opération à ceux qui avaient fait montre de courage, en allant au-devant de l’ennemi. Pour le reste, il promet de sillonner le monde entier pour récolter les fonds nécessaire à l’édification d’une armée digne des ambitions souverainistes qui sont celles de son pays.
A écouter le discours qu’Ibrahim Boubacar Keïta a délivré à Sévaré, on pourrait penser qu’il se préoccupe davantage du futur, et que les objectifs qu’il vise, s’inscrivent sur le moyen ou le long terme. Mais en réalité, sans se départir d’une vision à portée globale, le président malien se soucie aussi du présent.
En effet, si avec l’aide des armées française et tchadienne, les élections ont pu se tenir, tout le monde est unanime sur le constat, selon lequel le pays n’est pas encore totalement pacifié. A l’image du statut ambigu de Kidal, les indépendantistes touaregs détiennent encore des poches de résistance dans la partie septentrionale. Jouissant d’une relative sympathie protectrice de la part notamment de la France, le MNLA fait valoir quelques prétentions dans le processus de dialogue inter-malien. Alors que les islamistes, eux, quoi que fortement affectés, procèdent toujours par des attentats isolés.
Dans un tel contexte, le président malien semble avoir compris que la véritable solution ne réside que dans la remise sur pied de l’armée nationale. Un bémol cependant : IBK est obligé de s’appuyer sur des soutiens extérieurs pour mener à bien son projet.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















