MALI : Harcèlement djihadiste

Du centre à Sévaré au nord dans le village de Gaberi, les terroristes frappent sans pitié le Mali. Une espèce de harcèlement criminel programmé, dont le but stratégique est incontestablement de déstabiliser ce pays qui vit depuis plusieurs années sous la terreur des islamistes, qui revendiquent ou non leurs forfaitures. Vendredi, samedi et dimanche, trois jours où plus d’une vingtaine de victimes sont tombées sous les balles djihadistes.

Tout d’abord à l’Hôtel Byblos de Sévaré, ce ‘’refuge’’ des soldats de la Minusma et des étrangers en séjour dans cette ville-bastion où se concentre une importante partie des forces onusiennes. Un lieu fortement sécurisé, mais que les rebelles ont attaqué faisant une douzaine de morts. Cinq personnes la Minusma (Malien, Népalais, Sud-Africain, Ukrainiens). Beaucoup y voit une revanche macabre du chef de file  d’Ansar Dine, le terrible Iyad Ag Ghali. Cependant l’attentat n’est toujours pas revendiqué, ce qui laisse place à toutes les conjectures possibles.

Atmosphère de suspicions quotidiennes

Le commando qui a opéré dans le village a fait au moins dix autres victimes. Agissait-il en intelligence avec les événements de Sévaré ? Difficile pour le moment d’établir une connexion directe entre les deux attentats, dans la mesure où les auteurs ne sont pas encore formellement identifiés. Ce qui n’est pas de nature à permettre des conclusions hâtives, vu la versatilité des hommes en question, dont la lâcheté n’a d’égale que leur dangerosité

On ne peut que constater que malgré la présence massive des soldats onusiens, malgré la présence dissuasive française et surtout malgré l’accord de paix signé entre le gouvernement malien et les groupes rebelles, la situation se détériore au grand dam de tous les engagements pris. Une atmosphère de suspicions quotidiennes, de dangers qui rodent en permanence et un immense sentiment de gâchis.

Les autorités maliennes sont confrontées à un rebond de terreur alors qu’elles pensaient avoir fait l’essentiel pour faire baisser la tension, en s’engageant dans le processus de réconciliation nationale avec la signature de l’accord de paix. Elles découvrent à leur corps défendant que le chemin vers la paix est encore plus chaotique qu’elles ne l’avaient certainement imaginé.

Maria de BABIA pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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