MALI: Au-delà de Kidal, l'orgueil, la décovenue et le ''mea culpa''

Il n’est plus possible de se le cacher. C’est une cuisante défaite que l’armée malienne a subie le mercredi dans les affrontements à Kidal. Défaite si évidente que les troupes régulières n’ont pas hésité à détaler. Pour IBK et son gouvernement, l’humiliation est à son comble. D’autant plus que le président malien avait été élu en particulier pour, avait-on dit, pour « faire face au défi sécuritaire ». Eh bien, pour le moment, cela ne se voit guère. Sa toute véritable première confrontation avec les combattants du nord se solde par un désastre. Ce n’est pas de Kidal seul dont il s’agit. Du fait de la décision unilatérale d’IBK, l’armée malienne perd d’autres positions qu’elle tenait jusqu’ici. Plus humiliant encore, le gouvernement malien est contraint de solliciter l’aide des troupes étrangères qu’il voulait cependant narguer.

Le MLNA a la maîtrise du terrain

Aucun doute n’est désormais permis quant à la victoire des combattants du MNLA lors de la bataille de Kidal de mercredi dernier. Pour ne pas se couvrir  davantage de ridicule, les autorités maliennes ont, elles-mêmes, été obligées de le reconnaître. Non sans gêne cependant. C’est ainsi que le ministre de la défense, Soumeylou Boubeye Maïga indiquait encore hier qu’en dehors de Kidal, les positions tenues par les troupes régulières restent « intactes ».

Sur le terrain, cette affirmation est contraire à la réalité. Déjà, pour ce qui est de Menaka, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Bert Koenders, a confirmé les dires du MNLA. A Anderambukane, Anefis, Aguelock et Leré, la présence des groupes armés du nord n’est certes pas aussi évente. Mais des témoignages attestent que ces villes ne sont plus tout à fait sous le contrôle absolu des forces régulières.

Les FAMA y sont confinées à la périphérie ou sous la protection des troupes onusiennes. Au-delà des pertes en vies humaines, des blessés et des nombreux  prisonniers de guerre, c’est ce nouveau rapport de force manifestement défavorable à Bamako qui pèsera de tout son poids lors des négociations qui vont inévitablement se mettre en place.

L’orgueil, la déconvenue et le mea culpa

Sur un autre plan, le pouvoir perd un autre défi symbolique qu’il s’était implicitement fixé. A la base du déclenchement des hostilités à Kidal de la part de Bamako, il y avait tout à la fois de l’orgueil et de la fierté du président IBK. Le chef de l’Etat qui, manifestement en avait marre du refus des troupes étrangères de l’aider à libérer Kidal, a voulu leur prouver qu’il savait et pouvait se passer de leur assistance. Et pour lui, c’est la plus désastreuse des déconvenues.

Sur la base de ce qu’il en a résulté, il n’est même pas besoin d’épiloguer dessus. Il est clairement établi que le Mali actuel n’est rien sans l’appui et le soutien de la communauté internationale, la France en tête bien entendu. C’est un fait qu’IBK se doit d’admettre. Ce qu’il a déjà commencé en envisageant de solliciter de nouveau l’aide de l’opération Serval. Presqu’un mea culpa de la part de ‘’l’enfant prodigue’’ qui s’était égaré parce que se croyant naïvement libre de la tutelle paternelle. Une inconfortable posture qu’il aurait pu éviter si, faisant preuve de réalisme, il avait su mieux contenir sa colère. Hélas !

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info     

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