
Selon une source que nous avons contactée sur place, tout serait parti d’une mission de désinfection qu’une équipe de MSF avait à conduire dans une maison mortuaire, au quartier Patrice. Les responsables avaient décidé de cette mission après avoir estimé que le défunt était décédé des suites de la fièvre Ebola. Mais c’était sans compter avec la résistance que devait opposer une des occupantes de la maison en question. Si l’altercation n’a pas empêché les agents de MSF d’aller au bout de leur mission, elle a tout de même permis de raviver des préjugés que les populations locales ont vis-à-vis de la mission de MSF dans sa gestion de la maladie.
Les mesures strictes d’isolement préconisées, ne sont en effet, pas du goût des populations de Macenta qui les interprètent comme « stigmatisantes » pour leurs proches. Elles n’apprécient pas non plus les précautions rigoureuses qui sont prises face aux nouveaux cas. Par extension, elles soupçonnent les agents de MSF d’exagérer l’ampleur de l’épidémie à des fins mercantiles.
Les pressions sociales et l’analphabétisme sont naturellement des facteurs multiplicateurs de ces préjugés. Conséquence, des jeunes se sont alors attaqués aux travailleurs de l’ONG humanitaire, et s’en sont pris à leurs installations. Craignant pour leur sécurité, ils auraient quitté les lieux, selon le responsable de la communication de MSF. Estimant que l’incident est du fait d’un groupe de jeunes relativement isolé, Sam Taylor pense que son institution a le soutien de la majorité des populations locales et des autorités nationales.
Se souciant pour les malades dont il ne sait pas s’ils ont quitté les centres d’isolement ou non, M. Taylor estime qu’il « est impérieux que nous reprenions au plus vite le travail ». Mais avant, il faudra impérativement renforcer les canaux de communication traditionnels en identifiant et ciblant les messages de changements de comportements.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















