
Le rapt a eu lieu dans la soirée du dimanche 21 septembre 2014, dans la région montagneuse de Tizi Ouzou, à une centaine de kilomètres, à l’est de la capitale algérienne. L’otage, Hervé Pierre Gourdel, originaire de Nice, est apparu hier dans une vidéo diffusée par les terroristes. Ces derniers menaçaient de l’exécuter si, dans les 24 heures qui suivent, François Hollande, présenté comme le ‘’président de l’Etat français criminel’’ ne fait pas « arrêter les attaques contre l'Etat islamique ». Cette revendication, elle-même, intervenait après que les djihadistes aient lancé une sorte de ‘’fatwa’’ visant les citoyens américains et français ainsi que leurs intérêts, en signe de représailles à l’intervention de la coalition internationale contre leurs bastions actuels en Irak et en Syrie.
Cette prise d’otage dont la France est une nouvelle fois victime, atteste du caractère insaisissable du terrorisme mondial. Alors qu’on croyait l’EI très éloigné des préoccupations africaines, voilà qu’il vient de démontrer que l’Afrique est, au contraire, un champ de bataille parmi ceux qui lui sont les plus accessibles. Par ailleurs, en choisissant l’Algérie, il semble envoyer le message selon lequel, aucun pays du continent ne semble si bien protégé.
En effet, dans cette partie du continent africain, l’Algérie passait pour le sanctuaire inviolable. Depuis la crise d’In Amenas, on croyait que les autorités algériennes ont retenu la leçon. Eh bien, le rapt d’Hervé Pierre Gourdel semble prouver qu’en réalité, aucun pays n’est véritablement à l’abri de l’hydre terrosiste. On peut même craindre que le précédent de Tizi Ouzou ne donne des idées à tous les groupuscules terroristes disséminés dans la vaste région sahélienne, en proie à l’insécurité et à tous les trafics.
Mais au-delà de ces menaces, c’est le sort de l’otage français qui demeure la préoccupation immédiate. En d’autres circonstances, on aurait pu voir dans les menaces brandies par les ravisseurs, un coup de bluff dont l’objectif est d’obtenir quelques liasses de banque, sous forme de rançon. Mais avec l’Organisation de l'Etat Islamique, on ne fait pas que monter les enchères. Le groupe a déjà prouvé sa cruauté, en exécutant les journalistes américains, James Foley et Steven Sotlof et l’otage britannique, David Haines.
Au-delà de leur mise à mort, l’EI avait, à chaque fois, poussé le sadisme jusqu’à diffuser l’image de l’exécution sur Internet. L’infime espoir que l’on pourrait nourrir pour Hervé Pierre Gourdel est lié au fait que le groupe qui l’a enlevé, n’est qu’un allié de l’EI, et non lui-même. Car autrement, on imagine qu’en dépit de la position très délicate dans laquelle les terroristes le placent, François Hollande ne cédera pas au chantage.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















