LUTTE CONTRE LE SIDA: De nombreux Guinéens utilisent Prudence Plus

L’utilisation du préservatif masculin est une pratique qui commence à faire partie désormais du comportement du Guinéen au quotidien. Selon qu’il soit un homme en uniforme, un routier pratiquant les axes principaux du pays, un homme ou une femme de 15 à 24 ans jusqu’à 49 ans, une travailleuse de sexe ou des Miniers etc...

Même s’il est vrai que,  d’après les conclusions générales tirées des dernières enquêtes sur la disponibilité du préservatif, l’utilisation systématique du condom masculin reste, pour le moins, un défi majeur à relever en Guinée.

En témoigne le rapport final présenté le jeudi 10 février 2011 à l’hôtel Mariador Palace par l’ONG internationale PSI-Guinée, en collaboration avec le gouvernement guinéen suite à une enquête réalisée par des cabinets d’audits indépendants que sont : Cabinet d’expertise en recherche-action  de Lomé, le consortium Arc Ingénierie d’Abidjan  et Synergie d’Abidjan, Leadd de Cotonou et Guinée Stat Plus (GPS) de Conakry. Une opération fiancée par la Coopération Allemande à travers KFW.

C’est le cas par exemple de l’étude sur les déterminants de l’utilisation du préservatif par les policiers et la disponibilité du préservatif à Conakry qui montre que la totalité des policiers enquêtés (889 au total) ont déclaré avoir entendu parler du sida et ont tous ou presque cité les relations sexuelles non protégées, comme principales voies de transmission de la pandémie.

Les policiers enquêtés ont reconnu avoir utilisé 0.88 fois le condom avec leurs partenaires réguliers, c'est-à-dire leurs petits amis, 2.29 fois avec les partenaires occasionnels et 1.84 fois avec les partenaires payants, les travailleuses de sexe.

Les enquêtes ont révélé que les âges des routiers pratiquants les axes retenus varient entre 18 et 65 ans et la plupart sont des musulmans pratiquants ou non (97.27%) et de nationalité guinéenne. Alors que plus de moitié n‘ont reçu aucune instruction et sont conséquemment sans  niveau. Plus de 41% d’entre eux sont des célibataires. Et tous ont connaissance du VIH/Sida et savent que les relations sexuelles sont les principales voies de transmission.

Mais, « certains ne croient ni à l’infection par le sang contaminé, ni à la transmission mère-enfant.  Même s’ils sont peu nombreux, certains routiers continuent de croire que les piqûres de moustiques, le fait de manger ensemble, se laver ensemble ou encore partager le même lit constituent des voies de transmission du sida ».

Alors que 22% des routiers ont utilisé le condom au dernier rapport sexuel avec leurs partenaires payants au cours du dernier rapport sexuel. « L’indisponibilité du condom et la réduction du plaisir sexuel sont les deux raisons principales qui justifient la non utilisation du condom au dernier rapport sexuel avec les autres partenaires occasionnels non-payants ».

Selon l’étude sur les déterminants de l’utilisation du préservatif par les populations de la moyenne Guinée, notamment les femmes (58.4%), et la disponibilité du préservatif dans cette région, zone de prédilection de KFW, le taux de dépistage est relativement faible (5.28%).   La presque totalité des populations de cette région ont entendu parler du sida  et des autres maladies sexuellement transmissibles (95%) et 83% d’entre elles savent que le VIH se transmet principalement par les voies sexuelles. Mais peu d’entre eux considèrent leur zone comme étant à risque. Alors que 29.42% de personnes actives dans les zones rurales du Fouta ont utilisé au moins une fois le préservatif et seulement 6 personnes sur 10 l’ont utilisé lors des dernières relations sexuelles.

D’une manière générale, les jeunes filles et garçons de Guinée ne considèrent pas comme groupes vulnérables au VIH/sida et trouvent que les personnes les plus vulnérables sont infidèles et les travailleuses de sexe. Et, 75.8% d’entre eux se protègent à l’aide de Prudence Plus.

En Guinée 3 jeunes sur 5  ont déjà eu au moins un rapport sexuel avec l’âge moyen des premiers rapports sexuels estimés à 15.8%. Le taux d’utilisation chez les jeunes est plus élevé à Conakry 70% et en Moyenne Guinée 65.8% dans les autres régions du pays.

Selon les mêmes enquêtes concernant les Miniers, une frange importante de gens évoluant dans ce secteur n’ont pas utilisé le préservatif lors des derniers rapports sexuels extraconjugaux. Pourtant 85% d’entre eux ont entendu parler du sida et 9% ont déjà souffert des IST. Sans compter que l’activité sexuelle se révèle intense et la pratique du multi-partenariat sexuel est élevée chez cette tranche de population guinéenne. Plus grave, c’est que la présence des pairs éducateurs semble moins connue dans les sociétés minières.   

Selon d’autres enquêtes menées dans la même logique, 72 % des travailleuses de sexe ne savent ni lire, ni écrire. Même s’il est vrai que toutes ont entendu parler de VIH/sida.  Hormis celles qui pensent qu’elles courent des risquent ou non en pratiquant ce métier, il y une autre catégorie qui ne savent même pas si elles s’exposent à des risques de contamination (14%). Alors que 53% seulement des travailleuses de sexe ont passé le test de sida. Au cours des 12 derniers mois qui ont précédé l’enquête une TS a eu des relations sexuelles protégées ou non avec 5.8 partenaires occasionnels.

En tenant compte de tous ces facteurs, le chef de cabinet du ministère de la santé, Dr. Mohamed Lamine Yansané a félicité PSI Guinée pour le travailler accompli sur le terrain. Il a également remercié ses partenaires et tout le réseau qui permet d’acheminer le condom jusque dans les villages les plus reculés de la Guinée. Le chef de cabinet a émis le souhait que ce travail se poursuive pour le plus grand intérêt des guinéens.

Mais avant lui, le Représentant de PSI en Guinée, Salifou Compaoré a indiqué que ces études ont été possibles grâce à la coopération allemande qui s’est engagée à débloquer un montant de 8 millions de dollars entre 2009 et 2013 dans le cadre de la lutte contre le sida en Guinée.

Les enquêtes dont il s’agit ont été réalisées du 15 au 25 avril 2010. L’approche développée est basée sur la collecte des données effectuée notamment des administrations de questionnaire TRaC (Tracking Result Continiously) pour l’enquête CAP de la population de 15 à 49 ans et MAP (Measuring Access and performance) pour l’évaluation de l’accès à la Prudence Plus.

Kerfalla KOUROUMA pour GCI

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