HENRI KONAN BEDIE : De l’appel de Daoucro à la réponse d’Abidjan

On connaissait le président Konan Bédié, vieux briscard et solide renard de la politique ivoirienne, mais beaucoup étaient vraiment loin d’imaginer le plébiscite dont son choix d’Alassane Ouattara, pour un second mandat, aurait fait l’objet. Malgré la fronde des Amara Essy et autres, malgré les manifestations contestataires, Bédié a tenu ferme. Aujourd’hui, il a joué et gagné avec superbe son pari, à la sortie du 5ème congrès du PDCI-RDA.

Et pourtant, dans son discours d’orientation, son plaidoyer pour l’actuel président ivoirien, était on ne peut plus clair.

La Côte d’Ivoire devenu un vaste chantier

Il dit notamment : « Conscient  qu’un mandat de cinq ans est insuffisant pour un président de la République pour réaliser le programme qu’il a proposé, et qu’il lui faut dès  lors un second mandat ; conscient également que ce fut d’un commun accord que nous avions convenu de le soutenir au premier mandat ; conscient également du travail gigantesque abattu par le Président Alassane Ouattara au cours de ce premier mandat et  la transformation sous nos yeux de la Côte d’Ivoire devenu un vaste chantier, j’ai demandé au PDCI-RDA  d’abord et aux autres membres de notre alliance politique  ensuite de se mettre en mouvement pour soutenir le Président Alassane Ouattara pour ce second mandat. »

La participation massive qu’a enregistrée ce 5ème congrès extraordinaire et la qualité des interventions et des personnalités sont là pour témoigner de la vigueur politique d’Henri Konan Bédié, qui, avec son état-major de campagne a su trouver les mots justes, et  a bien structuré l’argumentaire politique pour conquérir les militants, qui ont ainsi adhéré en grand nombre à sa proposition présidentielle.

Un pouvoir enfanté dans la douleur

Il peut donc jubiler, son appel a été entendu bien au-delà des frontières ivoiriennes. « Mon appel a d’abord été approuvé par mes collaborateurs immédiats, les membres du Secrétariat Exécutif. Il a ensuite fait l’objet d’explications au niveau des délégués départementaux et communaux, puis des missions se sont rendues à l’intérieur du pays et même à l’étranger, en Afrique, en Europe puis aux États-Unis d’Amérique notamment.»
Mais, le plus heureux dans toute cette affaire, c’est indubitablement, Alassane Ouattara, dont l’avènement au pouvoir avait été enfanté dans la douleur, avec la bénédiction de l’ancien président français Sarkozy, mais qui, il faut le reconnaître, par ses réalisations économiques probantes, force à présent l’admiration.

Ouattara doit se faire violence

Cependant, pour mériter davantage cette réélection programmée, il devra se faire violence, se défaire de la ‘’justice à géométrie variable’’ et des prédateurs qui sont encore à ses côtés. La mémoire des 3000 victimes de la guerre civile ne doit pas être réhabilitée seulement par un taux de croissance à deux chiffres, mais plutôt par une lutte à outrance contre « la justice deux poids, deux mesures » !

Maria de BABIA pour GCI

2015 – GuineeConakry.Info

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