SOMMET DE L'UA : Le souverainisme nigérian, l'ultime obstacle devant Boko Haram

L’Union Africaine, à travers sa présidente, a fini par se saisir du dossier Boko Haram. La lutte contre la secte terroriste est ainsi inscrite en très bonne place dans l’agenda du sommet des Chefs d’Etat qui commence ce vendredi à Addis-Abeba. Le lobbying de Nkosazana Dlamini-Zuma ayant été mené avec une certaine maestria, les chances sont grandes pour que les dirigeants africains s’accordent sur la nécessité de s’attaquer au serpent de mer que constitue Boko Haram. Un seul obstacle risque de se dresser sur leur chemin : le souverainisme du Nigéria.

Déjà, lors des discussions préparatoires du sommet, c’est la mort dans l’âme que le ministre des Affaires étrangères du Nigéria a assisté aux débats. Globalement, les autorités nigérianes sont comme entre le marteau et l’enclume. Elles sont obligées d’admettre leur incapacité à faire face au défi sécuritaire que leur pose la secte terroriste. Elles doivent même reconnaître que c’est la faiblesse de leurs forces armées qui a permis aux hommes d’Abubakar Shekau d’acquérir la capacité de nuisance qui est aujourd’hui la leur. Du coup, si tous les pays du bassin du lac Tchad sont aujourd’hui menacés, c’est bien parce que le Nigéria n’a pas pu endiguer le problème.

Pourtant, en dépit de cette incapacité notoire, le Nigéria est particulièrement jaloux de sa souveraineté. Il ne veut surtout pas entendre parler de l’intervention d’un autre pays sur son sol ! Plus que les attaques répétées et les prises d’otages récurrentes opérées par Boko Haram, les autorités nigérianes pensent que l’intervention d’un pays tiers sur leur sol affecterait la crédibilité de puissance régionale que revendique leur pays.

C’est ainsi que les troupes tchadiennes, stationnées à la frontière d’avec le Cameroun, attendent toujours l’autorisation de lancer l’assaut. Par ailleurs, Abuja rechigne à accepter une intervention internationale pour ne surtout pas que le rival sud-africain s’en serve comme prétexte pour fouiner dans les affaires du Nigéria.

Comprenant cette susceptibilité, Prétoria pour sa part, vient de se désolidariser de l’initiative d’un groupe d’ex-soldats sud-africains auxquels Abuja aurait fait appel pour former les soldats nigérians, en vue de les préparer à affronter le péril terroriste. Bien que lesdits ex-soldats aient été manifestement contactés dans un cadre privé, les autorités sud-africaines, invoquant une loi locale, les traitent de mercenaires qui devront être sanctionnés à leur retour.

Une polémique parmi tant d’autres qui risquent de gripper la machine que Madame Zuma voudrait enclencher contre Boko Haram.

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

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