
Il aura fallu plus de huit mois pour que l’Union Africaine fasse d’une montre réaction digne de ce nom face à l’épidémie d’Ebola qui décime les enfants du continent. Entre temps, le mal s’est attaqué à près de 4000 Africains dont il a ôté la vie à plus de la moitié. Avant la réunion d’hier à Addis-Abeba, l’Union européenne, les Etats-Unis, l’OMS, MSF, CDC d’Atlanta et bien d’autres institutions mondiales avaient fait acte de solidarité à l’égard des victimes africaines d’Ebola. C’est bien après que l’UA qui aurait dû etre la première au front, arrive.
C’est en effet hier lundi que l’instance panafricaine a tenu sa toute première véritable rencontre consacrée à cette épidémie. Il était question, nous dit-on, de réfléchir sur une stratégie de lutte qui soit commune au continent. Mais à la fin du conclave, on n’a énoncé aucune stratégie. Les participants au sommet d’urgence de l’UA semblent même moins portés sur la lutte proprement dite contre l’épidémie que sur la limitation des conséquences économiques de cette dernière.
C’est ainsi qu’on s’est davantage focalisé sur l’isolement des pays touchés. La perturbation des activités commerciales et agricoles préoccupe davantage l’Union Africaine que la liste macabre qui ne cesse de s’allonger. Rien ou presque n’aura été dit sur un éventuel mécanisme allant dans le sens de freiner la spirale évolutive du virus. Comme on pouvait s’y attendre, aucune annonce de déblocage de fonds n’a été faite. Il semble que des pays se soient engagés à contribuer financièrement, ou en fournissant notamment du personnel médical d’appui et d’assistance aux pays touchés. Mais aucun chiffre auquel se raccrocher. C’est à se demander même si les prétendus engagements ont été effectivement pris ? En fait, l’Union Africaine n’a même pas les moyens de faire respecter sa recommandation principale portant sur la levée des restrictions de voyages vers et à partir des pays victimes. A chaque Etat de juger de l’opportunité de s’y soumettre ou non.
Comme on le voit donc, l’UA fait de nouveau montre de son inefficacité notoire face à des missions qui sont pourtant exclusivement de son ressort. Naturellement, vu que les pays qui la composent sont essentiellement dépendants de l’extérieur, on n’attend de pas miracle de sa part. Mais elle doit tout au moins refléter le symbole qu’elle incarne. Ne pas avoir de moyens et de ressources est une chose, mais manquer stratégie et de proactivité est une autre.
C’est ce genre d’attitudes empreintes tout à la fois de négligence et d’irresponsabilité qui font de l’UA l’éternelle assistée dont l’ultime recours à tous ses drames qui hantent est toujours ailleurs. N’en déplaise aux nationalistes panafricains !
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















