
Dans son exposé riche d’un témoignage agrémenté d’une dose humoristique pour éviter que les uns et autres sortent ‘’de la salle en larme, le cœur plein la rage, et l’esprit dominé de vengeance’’, l’auteur, Lamine Kamara, dira qu’il s’est posé deux questions avant de se décider à écrire ces deux ouvrages. Celles de savoir : Est-ce qu'on doit, sans mot dire, laisser passer par pertes et profits vingt-cinq années d’une histoire ensanglantée, emplie de drames d’un pays ? « J’ai pensé que non ». Cependant, déclarant officiellement qu’il « pardonne », doit-on témoigner quand on a pardonné ? Après mûre réflexion affirmera-t-il, « j’ai fini par penser que oui », dira l’auteur.. Avant d’ajouter qu’il ''fallait dire des faits'' Car a-t-il estimé, « ne pas le faire, c’est trahir la mémoire des victimes, notamment, de celles dont le destin a été scellé par une fin tragique dans les événements, et qui ne peuvent plus, hélas ! ni parler, ni témoigner, ni pardonner, qui ne peuvent plus surtout, clamer leur innocence ». Pour lui, ce serait leur « imposer à leur mémoire une deuxième mort, celle de l’oubli, en les enterrant par et dans l’oubli… ». ‘’Sous les verrous de la revolution ’’ et ‘’Les racines de l'avenir’’, sont deux ouvrages riches respectivement, de 218 et 112 pages, vendus à l’international à 22 euros et 13 euros. Le premier est divisé en douze chapitres dont entre autres : Le Pays ; Il était 1H35 du matin ; le Violon ; Au cœur de la nuit ; Entre boue et crevasses ; Vivre en y pensant ; Par le trou de la serrure ; Du Pain ; et le dernier chapitre, Libre ? Le au second, ‘’Les Racines de l’Avenir’’, qui selon l’explication donnée par l’auteur, « vise à expliquer pourquoi et comment sont arrivées la misère et la terreur, les drames et les tragédies que les Guinéens ont vécus dans leur âme durant cette période de la première République », est quant à lui, structuré en huit chapitres. Parmi lesquels on peut citer : Sékou Touré ; Comment des nuages assombrirent le ciel ; Des Complots réels ou fictifs ; De la réhabilitation des détenus politiques, etc. Toujours selon Lamine Kamara, en écrivant ces deux ouvrages, il a voulu donner son « témoignage sur les événements dramatiques qui se sont déroulés en Guinée à partir de la fin de l’année 1970 et qui se sont poursuivis pratiquement jusqu’au changement de régime suite à la disparition subite de Sékou Touré, le 26 mars 1984 à Cleveland aux Etats-Unis d’Amérique ». Avant de conclure en ces mots : « je souhaite ainsi contribuer à réhabiliter la mémoire des victimes de toutes les victimes par le rappel de la vérité et faire en sorte qu’il n’y ait plus jamais ça ». Pour sa part, le directeur général des éditions L'Harmattan-Guinée, Sansy Kaba, tout en félicitant et distinguant l’auteur Lamine Kamara, pour son « courage » precisera-t-il, a tenu à lancer comme à l’accoutumée, un appel à l’endroit de l’élite guinéenne : « Accepter d’écrire pour éclairer la génération montante, pour l’histoire. Les portes de L'Harmattan-Guinée vous sont ouvertes ». Précédée par la série des témoignages, où bon nombre d’invités ont partagé ce qu’ils avaient sur le cœur à l’endroit de l’auteur et notamment sur son vécu au Camp Boiro, la cérémonie de dédicace de ces deux ouvrages s’est terminée par la signature dédicacée de l’auteur et les prises de photos en souvenir à l’événement. A noter que Lamine Kamara, est aussi auteur du roman ‘’Safrin ou le duel au fouet’’, est professeur de Lettres Modernes. Après avoir enseigné dans les deux plus grandes universités guinéennes (Gamal Abdel Nasser de Conakry et Julius Nyerere de Kankan), il a été successivement ambassadeur et ministre de la République. Lamine Camara pour GuineeConakry.info |




















