
Naturellement, les déclarations des Américains et celles de Fayez el-Sarraj sont bien synchrones. Surtout pas question d’un impair qui viendrait, même imperceptiblement, effleurer le souverainisme précautionneux des Libyens. C’est ce qui explique toutes ces précautions langagières.
Chasser les zélés djihadistes
En tous les cas, cet appel fait aux Américains arrange bien les deux parties. Les premiers attendaient une opportunité de cette nature pour reconnaître implicitement leur présence, plus ou moins avérée, en terre libyenne. Quant aux seconds, leurs troupes sont à la peine depuis des mois, et évoluent comme des crabes ou des écrevisses, avec de nombreuses pertes en vies humaines; ils avaient réellement besoin d’être boostés pour espérer, atteindre le port de Syrte, et chasser les zélés djihadistes de l’EI, qui sont encore un bon millier dans l’ex ville-refuge du guide Kadhafi.
Cette solution venue du ciel, pourrait permettre aux troupes pro gouvernementales de Tripoli de souffler; les Américains faisant en grande partie, depuis les airs, le boulot de destruction systématique des chars, missiles, véhicules et autres engins blindés, pour assurer une éventuelle percée victorieuse de leurs alliés de circonstance. Car les islamistes de l’EI qui occupent depuis plus d’un an (9 juin 2015) cette ville, ont largement démontré leur résilience combative.
Pour quelle durée ?
On ne sait pas encore quelles sont la durée et l’étendue effectives de cette opération militaire commanditée par le gouvernement d’union nationale, mais tout indique que cela pourrait bien être plus compliquée qu’elle n'y parait. Surtout si l’on se réfère aux exemples irakien, syrien ou afghan. Car, fidèles à leur stratégie sacralisant la vie de leurs soldats, l’on voit mal les Américains s’engageant dans un combat corps à corps avec les terroristes!
Ces premières frappes américaines sont-elles l’annonce d’un nouvel engrenage politico-militaire?
Ou alors, les deux parties, par la force des renseignements, sont suffisamment nantis pour traverser l’épreuve ?
Pour le moment difficile d’apprécier des paramètres dont certaines équations échappent au commun des analystes.
Maria de BABIA pour GCI
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