
... , portant sur le fonctionnement de cette commission.
GuineeConakry.info: Pensez vous que le gouvernement va honorer ses engagements pris lors des chaudes journées du 27 février au 3 mars, dont l'essentiel des revendications porte sur l'amélioration des conditions de vie des fonctionnaires?
El Hadj Ibrahima Fofana: Je crois que ce qui a été fait et consigné dans le protocole d'accord est prévu dans la loi des Finances 2006 du Gouvernement qui a été adopté récemment à l'Assemblée nationale. Nous avons l'espoir que le Gouvernement va respecter ses engagements en augmentant les salaires des travailleurs à la fin du mois d'avril. On s'attend à cela et je crois que ça serait fait, dans la mesure ou dans l'autre domaine, le Gouvernement a déjà fait des pas dans ce sens, quant à la prise en charge des fonctionnaires, qui ont été recrutés.
Déjà, certaines nouvelles recrues ont commencé à toucher leurs salaires. Les primes de craie au niveau des enseignants qui étaient suspendues ont été également payées, on a eu la confirmation de cela avec les enseignants. Donc il y a tout un tas de dispositions qui sont appliquées parallèlement au travail qui se fait au niveau des commissions de suivi qui ont été mises en place.
Seulement, il y a des problèmes au niveau du contrôle des prix et de la stabilisation de la valeur de la monnaie, parce qu'il faut être clair la-dessus, ce sont des problèmes à caractère structurel qui ne peuvent pas être réglés par une simple commission de travail. Il y a des mesures à prendre au niveau gouvernemental aujourd'hui pour qu'on parvienne à cela.
Il faut qu'on fasse de telle sorte que toute les recettes en devises, résultant des exportations en Guinée, notamment dans le domaine minier soit rapatriées à la Banque centrale et que par conséquence, la Banque centrale parvienne à procurer des devises aux importateurs guinéens. Ce qui va continuer à stabiliser et donner la valeur à la monnaie guinéenne. Quand la monnaie n'a pas de contrepartie à la Banque centrale, elle ne peut pas être stable.
GCI: Vous avez déclenché avec l'intersyndicale USTG-CNTG, une grève qui a été largement suivie du 27 février au 3 mars 2006, tant au niveau du public que du privé. Pensez-vous qu'au niveau du secteur privé les choses se soient aussi améliorées?
EIF:Ce qui se fait pour les travailleurs du secteur privé est plus important que pour les fonctionnaires, tout n'est pas dans le protocole d'accord. En ce qui concerne le salaire par exemple, cela doit se régler par voie de négociation interne ou collective dans le secteur privé. Le secteur privé guinéen n'évolue pas avec le même rythme, si tu prends le secteur bancaire, tu prends le secteur des travaux publics et le bâtiment, tu prends le secteur minier, les réalités ne sont pas les mêmes, et nous sommes entrain de suivre maintenant les négociations et dans certaines grandes entreprises concernant l'augmentation des salaires. Je viens de rentrer d'une mission dans les sociétés minières de la Haute Guinée spécialisées dans l'extraction de l'or et nous avons pu augmenter les salaires de façon substantielle. Beaucoup plus que dans la fonction publique. Donc, les négociations sont en cours actuellement dans beaucoup de sociétés pour trouver des solutions à l'amélioration des conditions de vie des travailleurs guineens a tous les niveaux. Pour cela, nous battrons de toutes nos forces, convaincus que nous sommes de la justesse de notre combat en ces temps de grande crise economique que notre pays traverse. Telle est notre mission et nous la poursuivrons sans relâche.
Propos recueillis par Pivi Bilivogui exclusivement pour GuineeConakry.info




















