LIBERTE DE LA PRESSE : loi sur la cybercriminalité, une régression en matière de liberté d’expression

Le vendredi 1er juillet 2016, une rencontre explicative sur la loi sur la cybercriminalité, le code pénal révisé lié à la liberté de la presse, a réuni les professionnels des médias pour un débat autour desdites lois : l’une déjà adoptée et l’autre en voie de promulgation par le président de la république. Avec pour objectif d’interpeller sur le caractère liberticide de certains articles qu’elles contiennent.

Cette rencontre a réuni des journalistes d’expérience comme Souleymane Diallo du groupe de presse Lynx-Lance,  Moussa Iboun Conté président de l’association des éditeurs de la presse indépendante (AGEPI), et un juriste pour analyser le contenu des textes juridiques.

« L’Agepi et l’UPLG ont travaillé sur le texte sur la cybercriminalité et ont relevé des atteintes graves à la liberté de la presse, mais aussi fait des propositions d’amendement sur la loi sur la cybercriminalité, que nous jugeons en l’état actuel de liberticide » a déclaré Iboun Conté, président de l’Agepi.

Pour Diallo Souleymane du Lynx, la liberté de la presse est un droit constitutionnel et, il estime qu’il y a une confusion des textes juridiques  «Cela  veut dire que le journaliste guinéen d’aujourd’hui a du pain sur la planche, car il doit maitriser désormais quatre lois pour pouvoir rédiger tranquillement ces articles ! », s’étonne l’administrateur du Lynx, en faisant allusion à la loi sur la cybercriminalité, le code pénale révisé, la loi l02 sur la presse  entre autres.

Il a ensuite attiré la vigilance des uns et des autres sur les cas des renvois qui peuvent se solder notamment par des peines extrêmement lourdes, si l’infraction se retrouve par exemple en pénal ou par l’application de la loi sur la cybercriminalité, ou les peines ont quasiment explosé. Il pense que tout le monde est menacé, même les éditeurs car ils sont aussi actifs sur la toile.

Le juriste Abdoul Aziz Diallo a, dans un exposé juridique méthodique expliqué qu’il y a assez de flous juridiques qui entourent ces différentes lois encadrant la liberté de la presse. Il cite en exemple les articles 363 et 366 du code pénal, qui prévoient les cas de la diffamation et de l’injure de la part des journalistes, et s’interroge ensuite de ce qu’il en serait pour le citoyen lamda.

Le juriste interpelle les associations de presse, les défenseurs des droits de l’homme, les lanceurs d’alerte, les bloggeurs à se mobiliser pour amender les déférents articles contenus dans les projets de lois, notamment celle sur la cybercriminalité qui a déjà été adoptée. Paradoxalement à l’unanimité par les députés, et attend d’être promulguée par un décret du président de la république !!

De l’avis de tous les professionnels des média, « la loi sur la cybercriminalité constitue une atteinte grave à la liberté d’expression notamment de la presse en ligne ».

 

Mamadou Aliou DIALLO pour GCI

© 2016 GuineeConakry.Info    

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