
...de la place sont descendus dans la rue cette matinée du vendredi 19 décembre 2008, non pour couvrir une quelconque manifestation, mais plutôt pour réclamer avec pancartes en mains, la libération immédiate et sans condition de leur confrère Thiernodjo Diallo dit Bébel, interpellé la veille par les services de la police.
Sur les pancartes on pouvait lire « SOS liberté de presse en danger!», « Libérez le journaliste Bébel! ». De l'immeuble Baldé Zaïre, siège de l'AGEPI ( Association des Editeurs de la Presse Indépendante) à la Présidence de la République, en passant par la Direction de la Police Judiciaire, les journalistes scandaient sans cesse ''Vive la liberté de la presse!'', ''Libérez Bébel!''.
Le passage sur la sixième avenue a davantage attiré l'attention sur les journalistes marcheurs. Au niveau de la Présidence, les manifestants n'ont pu rencontrer le ministre secrétaire général, parce qu'ils ne voulaient pas comme l'ont proposé les gardes présidentielles, désigner deux d'entre eux pour aller passer le message en leur nom.
Pendant ce temps, c'est le ministre de la réconciliation qui pointe le nez devant les journalistes. Oury Bah, qui voulait jouer ''le pompier de service'', ne réussira pas à convaincre les journalistes. Décevant, le pouvoir lui a littéralement tourné la tête, pensent les journalistes. Il va énerver les journalistes, en citant, malencontreusement l'exemple de la Radio Mille Collines du Rwanda. Comme si les médias guinéens avaient mis le feu à la Guinée. Son attitude démagogique a enflammé les journalistes, qui l'ont hué, quand il a menacé un journaliste qui selon lui, ''pourrait blesser ses doigts en continuant à écrire sur son premier ministre!'' Certains journalistes n'ont pas hésité de qualifier le ministre de la réconciliation ''d'apprenti anarchiste''. Un homme public qui, au lieu de parler le langage de la vérité, a surpris tous les médias par ce comportement opportuniste et zélé.
La marche a pris fin aux environs de midi, lorsque Bébel est arrivé à la présidence en compagnie de son avocat, Maitre Abass Bangoura, après être passé au parquet où il avait été déféré. Le pouvoir a pris la mesure de la résolution des journalistes décidés à faire entendre leurs droits.
Au bout de leur marche, les journalistes comptaient remettre une déclaration officielle signée conjointement par l’Association des éditeurs de la presse indépendante et de la Convention des Editeurs de la Presse Libre de Guinée. Dans ce document ils font état de leurs inquiétudes en trois points : la descente dans les kiosques de Pivi qui a déchiré les journaux de la dernière publication de ‘’Les échos de Guinée’’, la musclée d’un groupe de militaires dans les locaux du journal l’Observateur et l’arrestation du directeur de publication du journal La Vérité en l’occurrence Bébel.
Dans cette déclaration, les journalistes font un terrible constat:« …le communiqué qui a sanctionné le Conseil des ministres du 18 décembre 2008 n’entretient aucune illusion sur l’intention du gouvernement de museler la presse.» Presse et répression, le feuilleton continue…
Quelle histoire de répression! Le gouvernement de ''large ouverture'', a vraiment pris le large,...loin de la démocratie!
Salématou Diallo pour GuineeConakry.info




















