
La diffusion de la dernière vidéo de l’otage français, le 17 novembre, aurait-elle pesé dans le dénouement ? Quelques éléments inclinent à répondre par l’affirmative. Dans cette brève vidéo, Serge Lazarevic, affaibli et les traits tirés par trois ans de captivité et par la rudesse des conditions climatiques, avait imploré l’implication de François Hollande pour sa libération. Il avait également signifié que le président français endosserait l’entière responsabilité du sort tragique qu’il subirait.
Les démarches décisives
Tout porte à croire que cette supplication aux accents pathétiques a eu son impact. En tout cas, selon les pincées d'informations encore disponibles, c’est dès après cette vidéo que les démarches décisives ont été entreprises notamment à partir du Niger. Cependant, on sait très peu de choses sur les conditions réelles de sa libération.
En annonçant la bonne nouvelle, le président français n’a évoqué que son côté spleen. Il a ainsi mis un accent particulier sur le fait que "Serge Lazarevic constituait le dernier otage français détenu de par le monde". Et pour qu’il en soit ainsi, il préconise la vigilance. Il a toutefois invité les Français à prendre conscience que « ces questions d'otages sont extrêmement douloureuses ». Faut-il y voir une stratégie visant à préparer l’opinion publique à accepter les sacrifices consentis pour la libération de Serge Lazarevic ? Ce n’est pas exclu.
Une troïka internationale
Selon les informations éparses dont on dispose, la France, le Niger et le Mali auraient au moins souscrit à une des exigences des ravisseurs : l’échange de prisonniers. Pour que Serge Lazarevic puissent retrouver le vent de la liberté, les dirigeants de cette troïka internationale se seraient résolus au relâchement de Mohamed Ali Ag Wadoussène et de son demi-frère, Haïba Ag Chérif. Curieusement, ces deux Touaregs, alors qu’ils s’étaient spécialisés dans l’enlèvement et la revente d’otages occidentaux, sont ceux dont la bande avait pris Serge Lazarevic et son défunt ami, Philippe Verdon. Comme lors de la libération de Daniel Larribe, Marc Féret, Thierry Dol et Pierre Legrand, le rôle du Nigérien Mohamed Akotey aurait été déterminant dans l’acquittement de l’otage français. Le président du Conseil d’administration d’Imouraren SA, bien que n’ayant pas directement pris contact avec les ravisseurs, se serait tout de même rendu jusqu’au niveau des massifs de Adrar des Ifoghas.
Questions sans réponse
On se demande également, si les ravisseurs s’en sont tenus à l’échange de prisonniers, ou s’ils ont également poussé Paris à verser une rançon? Pour le moment, aucune source ne soutient une telle hypothèse. Mais vu qu’avec les otages d’Arlit, quelques 20 à 25 millions d’euros avaient été versés, les supputations vont bon train. Cependant, tou le monde se réjouit de la libération du dernier otage français.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















