
Les preuves relatives au versement d’une rançon pour la libération de Serge Lazarevic ne sont toujours pas formellement établies. Par contre, les autorités françaises, maliennes et nigériennes ne nient pas les informations relatives à la contrepartie, consistant en la libération de quatre terroristes africains. Du point de vue la France, le deal est à la fois légitime et compréhensible. Après les assassinats tragiques de Thierry Doyle et d’Hervé Gourdel notamment, François Hollande était dos mur. La tentation de recours à tous les moyens pour libérer Serge Lazarevic était d’autant plus forte que les décapitations respectives de James Foley, Steven Sotloff et Alan Henning sont encore fraiches dans les mémoires. François Hollande était en outre d’autant plus vulnérable à la pression des terroristes qu’il n’a pas la côte chez ses compatriotes.
Si ces éléments sont de nature à rendre compte de l’attitude de François Hollande par rapport à la libération de l’otage français, ils ne sont pas suffisants aux yeux des Africains. Naturellement, à Bamako et à Niamey, on se réjouit également de ce dénouement heureux. Cependant, la libération de quatre terroristes, en contrepartie, parait trop cher payée. Quand on sait que les terroristes en question sont responsables d’attentats qui ont coûté la vie à plusieurs personnes, il est alors évident que l’élargissement de ces terroristes est une certaine remise en cause du combat contre le terrorisme islamiste. Implicitement, on encourage le phénomène que l'on veut éradiquer.
Par ailleurs, dans les tractations qui ont abouti à la libération de Serge Lazarevic, Mahamoudou Issoufou et Ibrahim Boubacar Keïta donnent l’impression d’avoir agio ou obéi à la ferme volonté de l'Etat français. Comme des relents du schéma de la fameuse Françafrique encore vivace: une logique contre laquelle François Hollande avait pourtant promis de sévir.
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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