
En fait, en y réfléchissant un tant soit peu, l’on se rend compte que les leaders de l’opposition ont péché, soit par angélisme, soit par bêtise. En effet, alors que le terrain politique se gagne souvent par ‘’effet de surprise’’, l’on est vraiment ébahi de voir et d’entendre le porte-parole de l’opposition égrener avec emphase tout le chapelet des activités que les partis vont dérouler les prochaines semaines. Attention, c'est de l'effet d'annonce, surtout quand les moyens conséquents et une planification intelligente n'ont pas été dégagés d'une part et élaborée de l'autre.
L’opposition est aujourd’hui en difficulté car elle n’a point su surprendre le pouvoir. Son programme de marches et de manifestations annoncé; le pouvoir le connaissant désormais, s’est préparé suffisamment en conséquence. Ainsi, les forces de l’ordre ont déployé des techniques d’encerclement ou d’étouffement pour annihiler toutes les velléités contestataires.
Grâce donc aux annonces de l’opposition, les cibles à neutraliser allaient être faciles à identifier : les grands carrefours Hamdallaye, Bambeto, Cosa, Niari wada, Tombo, les domiciles des leaders, etc. En somme, l'opposition a facilité la riposte du pouvoir, tout simplement.
Ce qui s’est encore passé hier, avec son lot de blessés et son mort, ses caillassages des policiers et gendarmes et le gazage des militants et sympathisants, montre bien que l’on est devant une stratégie de l’opposition qui s’inscrit dans l’entêtement, sans plus. Qui s’enferme dans une logique qui semble sans issue, si ce n’est le dialogue. L’opposition ne pourra gagner par la force. Elle n’est pas faite pour ça.
C’est pourquoi, ses penseurs et autres stratèges devraient se creuser encore les méninges, pour ‘’inventer’’ des solutions de crises plus ancrées dans les traditions et les réalités nationales qui conseillent le dialogue, la tolérance, l’empathie et d’autres valeurs de cette nature. Pour beaucoup, l’opposition guinéenne donne l’impression d’avoir été séduite par l’exemple burkinabé où les populations mobilisées comme un seul homme, ont pu faire ‘’partir’’ le président Blaise Compaoré.
Dans sa rage de ‘’chasser’’ Alpha Condé du pouvoir, l’opposition guinéenne a oublié deux choses qui font toute la différence : la Guinée n’est pas le Burkina Faso et les Burkinabè eux-mêmes pour faire ce qu’ils ont fait, n’ont pas eu besoin d’ameuter toute la terre.
Maria de BABIA pour GCI
GuineeConakry.Info




















