
Concernant le taux de participation, les premiers chiffres disponibles le situent autour de 50 %. En raison du désenchantement et de la désillusion qu’ils ont récoltés de leur bataille révolutionnaire de 2010-2011, les Tunisiens ne croient plus à leurs leaders politiques. Ayant l’impression d’être des marionnettes entre les mains de ces derniers, beaucoup n’ont pas jugé utile de s’acquitter de leur devoir civique. Ceux qui l’ont fait, quant à eux, ne l’ont pas fait par conviction. Ils ont juste obéi à une tendance.
Par contre, tout le monde se félicite du calme relatif qui a caractérisé la journée. On s’en réjouit d’autant plus que, deux jours avant la journée de vote d’hier, c’est un assaut mené par la garde nationale qui a réussi venir à bout d’un groupe terroriste qui, composé notamment de 5 femmes, qui s'était retranché dans une maison du quartier, Oued Ellil, dans la périphérie de la capitale tunisienne. Mais la mobilisation des quelques 80.000 policiers semble avoir payé.
Mais, quant au dernier enjeu, en rapport avec l’éviction d’Ennahda, il est de l’ordre de l’espoir que nourrissent beaucoup de Tunisiens. En raison des bilans économiques et sécuritaires de la brève gestion du pays par ce parti islamiste, une bonne partie des électeurs, et certainement bien de chancelleries occidentales, souhaiteraient que la formation de Rachid Ghannouchi ne revienne pas aux affaires!
Ils reposent leurs espoirs sur l’autre grande formation en jeu, Nida Tounès. Sauf qu’évincer Ennahda n’est pas chose aisée, dans la mesure où les islamistes ont une base électorale dont l’ampleur et la structuration sont reconnues même par leurs adversaires. Ils mettent également en avant le fait que la constitution qui a été adoptée sous leur magistère soit relativement ouverte à la modernité.
Malheureusement, ces questions essentiellement politiques occultent les problèmes socioéconomiques qui, pourtant, demeurent non résolus, près de cinq ans après le départ de Ben Ali, après l'avènement de la revolution de jasmin, qui a ouvert le "printemps arabe", qui ne vit fleurir, hélas, que des mouvements contestataires fugaces...
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















