
C’est d’abord en vedette des garde-côtes que le pape se rend à « la Porte de l’Europe », ce monument-mémoire édifié en souvenir de tous les naufragés en quête de bonheur de Lampedusa, puis ce fut la visite du quai où les réfugiés sont conduits après leurs dramatiques aventures.
Le message pontifical est fait d’amour, d’amour du prochain, de quête du bonheur partagé, de combat de l’égoïsme des riches, de l’indifférence de l’occident. Ses mots sont forts, prononcés la main sur le cœur, mais avec "une épine dans le cœur qui provoque la souffrance". Il rappelle à tous : « Nos frères et sœurs cherchaient à sortir de situations difficiles pour trouver un peu de sérénité et de paix, un endroit meilleur pour eux et leur famille, mais ils ont trouvé la mort… » Le pape François s’indigne et fustige la lâcheté des hommes :
«Qui est responsable du sang de ces frères et sœurs? Personne! Nous répondons tous ainsi: ce n'est pas moi, c'est sans doute quelqu'un d'autre (..) nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle.»
Il a raison, le Pape François. En effet, le centre de Lampedusa qui accueille aujourd’hui quelques 6000 migrants, est bâti à l’origine pour héberger seulement quelques 380 personnes ; c’est dire autant que les conditions de vie y sont aléatoires et inhumaines tout simplement. La loi du nombre et de l’espace ne font pas bon ménage en ces lieux où les campements pullulent.
Le voyage du pape François est à la fois symbole et parabole. Symbole par sa nature humaine et historique ; parabole par la valeur morale du modèle qui enseigne, à l’image du Christ, la force de l’amour qui est vérité, simplicité et chemin d’éternité. En priant pour tous les morts victimes de la mer, «Prions pour ceux qui aujourd’hui ne sont pas là», le pape nous invite à plus de solidarité, à la fraternité de la race humaine.
Puisse l’exemple du « pape des pauvres » nous enrichir de sa simplicité, pour que notre quotidien soit différent, afin que nos indifférences habituelles se métamorphosent en quête de l’autre, pour l’aider à avancer. Au-delà des mers. Vers les rivages d’une nouvelle fraternité humaine. Amen.
Maria de Babia pour GuineeConakry.info




















