LA SECONDE REVOLUTION DE LA MUSIQUE GUINEENNE

La musique guinéenne a déja acquis ses "lettres de noblesse"...j'allais dire notes..." avec des formations célèbres comme Kèlètigui et ses Tambourins, Balla et ses balladins, Bembeya Jazz National, Super Boiro Band, Horoya Band National, les Amazones. C'était, on peut dire les géants de la première génération de la musique guinéenne. Depuis 1974, avec la naissance du Camayenne Sextet, devenu plus tard Camayenne Sofa et, deux années après, le Syli Authentic puis le rush avec les Foniké Orchestra, Demba Orchestra, le Sankara Echo, le Tolo Rythme et les Fils de Raïs. La tendance s'est confirmée, le phénomène installé, le mouvement consolidé.

C'est le début d'une ère nouvelle animée par des enfants terribles qui naissent avec des dents et mordre les grands à la stupéfaction générale. Cette nouvelle génération de musiciens guinéens, étudiants pour la plupart, a le goût des aventures, la passion des risques. Armés de science à l'université, ils n'ont peur de rien. Ils prennent leurs instruments et jouent à horizons ouverts. Mais la musique à des secrets pour la science, ils sont enfuis dans les alcôves de l'expérience. Seuls les aînés donc pourront souvent faire éclater les talents bloqués par l'inexpérience. On pourrait penser que les doyens sont complices de la situation. C'est certain. Et tant mieux pour la musique guinéenne, elle prouve ainsi avec éloquence sa maturité.

 

En tout cas, je me rappelle les cours et les conseils de Traoré Kèlètigui quand j'étais membre de Camayenne Sextet, ( le passé). Je sais aussi que les musiciens de Bembeya , Horoya ou des Amazones ont souvent passé leurs instruments à ces jeunes loups pour leurs spectacles publics ou leurs enregistrements en studio.

 

Si le Camayenne Sofa et le Syli Authentic, les autres ensembles juveniles n'ont pas encore acquis la notoriété internationale, cependant, il faut reconnaître qu'à l'intérieur du pays, ils ont bien bouleversé l'ordre des choses et sont largement plébiscités. Exceptés, les deux premiers ensembles les autres n'ont même pas sorti de disques mais leurs enregistrements sur bandes magnétiques inondent les discothèques de Guinée.

 

Penchons nous avec plus de détails sur la troïka de cette nouvelle génération.

 

CAMAYENNE SOFA

 

Cet orchestre est né d'un jam session de jeunes qui voulaient tout simplement enregistrer un poème sur Boubacar Demba Camara. Nous sommes en 1974. Le poème fini, ils décident de ''bricoler'' quelques titres. Le succès n'attend pas.

 

Etudiants pour la majorité, il fallait travailler vite et bien pour retourner aux cahiers et livres. Mais la musique est une passion qui dévore. Ainsi de jam-session, l'orchestre est devenu institution, des musiciens sont partis, d'autres sont arrivés, toujours fidèles à l'esprit du groupe.

 

La musique de Camayenne Sofa embrasse le ''tout vital''. Elle traite de la paix, de la guerre, de l'amour, de la mort, de la vie. Camayenne Sofa livre une musique qui concilie rythmes et mélodies en perpétuel renouvellement. Les rythmes bruts de la Guinée forestière copulent avec les mélodies du Foutah, les percussions et voix mandingues, les chants spontanés de la Guinée maritime dans un amour fécondant. Résultat de nombreux succès sont nés: Kogno Koura, Kouloumba, Tara, Kadija, Kini kini, Nanibaly, Femara,etc..

 

SYLI AUTHENTIC

 

Orchestre des pionniers de la Capitale , cet ensemble qui nait deux ans après les SOFAS a bien entendu dans les violons du vent les synphonies et les harmonies dont le grand public avait besoin. Aussi , sans hésiter a-t-il suivi la direction du vent.Les mélodies couvées par Syli Authjentic sont chaudes, suaves et toujours sentimentales. Depuis leur tubes ''Andrée'', ''Fabara'' Yéere Wolon, ces étudiants musiciens n'ont plus démenti leur inclination pour les notes douces coulées dans des arrangements sur mesure.

 

LES FILS DU RAIS

 

Un patronyme original qui créee l'intérêt et la sympathie. Une musique au tempo très personnel. Un style tous azimuts qui broie ou pétrit des genres musicaux différents en des accents guinéens indubitables. A ce titre, les chansons ''Sinka'', "''Salimou'', ''Mafoudia'' méritent attention et affection. Les fils du Rais travaillent toujours avec leurs mélodies avec soin. Il est à souhaiter qu'ils continuent à gratifier les mélomanes de leur fertile inspiration et de leur musique folâtre.

 

Après ce rapide panorama, notons que ces jeunes ensembles de la seconde génération se refusent l'étiquette de ''relève''. Dans leur entendement, ils ne relèvent personne, ils sont simplement la continuité de la musique guinéenne.

 

Ont-ils tort ou raison? L'avenir nous le dira. Quoiqu'il en soit, on peut affirmer cependant avec certitude que cette floraison de nouveaux talents chez les jeunes, constitue bien la seconde révolution de la guinéenne.

 

Justin Morel Junior

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