KOUROUSSA: A l’heure de l'or et des détecteurs de métaux

La ville de Kouroussa située à en environ 550 Kilomètres de Conakry, le berceau même de l’écrivain africain le plus célèbre, Camara Laye, n’est plus la cité de la galère, de la misère, comme l’ont toujours dessinée les visiteurs qui l’ont pratiquée, il y a de cela quelques années. Elle est, de nos jours, une ville florissante où il fait bon vivre, et, de très loin, à longueur des problèmes insolubles de la capitale, Conakry où de nombreux compatriotes passent tout leur temps à se tourner les pouces. Bien au contraire, autant, sinon presqu’à Siguiri, c'est le temps des détecteurs de métaux, pour les populations, en particulier pour les jeunes désœuvrés, jusque dans un passé récent, croulant sous le poids de la misère et de l’oisiveté. De nombreuses familles se sont en effet procuré cet outil et ont réussi à travers cet apport capital des moyens de production, du moins d’extraction de l’or, à sortir de l’ornière... 17:43 20-1-2013

Le constat du reporter que je suis et qui y a récemment séjourné est encourageant.

Fini le temps où des jeunes, ne comptant pratiquement que sur leurs biceps, se regroupaient en trois quatre, cinq et plus pour aller s’attaquer, dirait-on, de manière aveugle, avec en main burins, pioches, houes et paniers, aux espaces vides dans un coin de la brousse, à la recherche artisane de l’or, dans une hypothétique lutte contre la pauvreté qui les tenallait.  

Les choses ont beaucoup évolué dans cette localité. Avec elles, les technologies importées des pays émergents. La Chine est passée par là.  Certes, les
moyens de productions sont et restent les mêmes. Mais, les paysans semblent
réellement s’assurer du fait qu’il faut tout d’abord prospecter le terrain
avant de s’y jeter. Une nouvelle pratique qui, apparemment a bien réussi ici, pour
le plus grand bonheur des  plus "pauvres-bourgeois". 

Une situation d’autant plus visible, qu’il n’est point rare qu’un jeune ou un groupe de jeunes, incapables de trouver le simple déjeuner dans la matinée, se retrouve avec  des montants importants allant jusqu’à 150 millions, dans l’après-midi!!??!
Ce n’est pas de la magie. Aucunement pas ! Aussi simple que cela puisse paraitre, "c’est que, de l’or, il y’en a à jeter, en Haute Guinée en général et à Kouroussa en particulier", disent ces nouveaux "riches".  

Mais, une question importante: est-ce que toutes les populations
de Kouroussa, sont désormais riches ? Evidemment que non ! Mais avec
les détecteurs de métaux, les faux diagnostics font échouer beaucoup de mineurs
dont certains jusqu’à présent tirent le diable par la queue. A un moment où enfourcher une moto pour un jeune est devenu une mode au quotidien, surtout pour les plus chanceux, qui les exhibent comme des trophées de guerre, il n'est plus facile de vivre à Kouroussa pour d'autres. 

Cependant, l’avantage de l’orpaillage à Kouroussa, se situe dans fait que les populations et les femmes qui sont singulièrement absorbées par la recherche du métal précieux ne consacrent que beaucoup moins de temps à la politique. Occupés du lever au cocher du soleil, les uns et les autres ont trop peu de temps à consacrer aux courtiers politiques. Lesquels, apparemment ont mis comme, c’est toujours le cas, un peu plus de tonus dans leurs va-et-vient depuis que la nouvelle de la recomposition des démembrements de la CENI est tombée.

Tout se passe, au demeurant comme si dans cette ville, tout tient à l’or, tout vit de l’or et pour l’or. Les causeries nocturnes et amicales se déroulent autour de l’or, dans les rivières, au marché, dans les vestibules, on ne parle de que l’or et rien que l’or. On pourrait naturellement constater que, les bureaux locaux des différentes formations politiques, mais beaucoup moins que les orpailleurs plus nantis et plus indépendants, se dotent de nouveaux engins de déplacement, pour certains,
non pas des motos, mais de véhicules de luxe, des 4x4, s’il vous plait!  

Seul hic, c’est que voyager sur Kouroussa, ressemble, à n’en pas douter, à un véritable calvaire. Pour s’y rendre, il ne suffit pas de s’armer de courage uniquement, mais, il faut se doter d’un moyen de déplacement solide, au risque de
passer des jours et même des semaines le long de la route, sans compter les
risques que vous courrez, dans l’éventualité de la rencontre des coupeurs de
routes qui font la loi dans les espaces interurbains.

Pour affronter le tronçon Dabola-Kouroussa par exemple, un avertissement aux maladifs, il faut avoir à défaut d’un 4x4 aux ressorts bien en place, les reins très solides. Sinon, se doter du ‘’Confo’’, ce massage liquide made in India ou in China. Le tronçon est à tous points de vue impraticable, avec des nids, non pas de poules, mais d’éléphants. 

Enfin, ce qu'il faut souhaiter c'est que ces nouveaux engagent aussi leurs nouvelles ressources financières dans des activités de développement. 

Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info

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