
Il a félicité « pour le rôle citoyen joué par les observateurs afin de rendre crédible le scrutin du 18 décembre dernier ».
Pour le Président de la Mission d'Observation Nationale des Elections El Hadj Alhassane Condé, Ancien Secrétaire d'Etat à la Décentralisation, (que beaucoup qualifient de « père de la décentralisation en Guinée » après la définition de ses grandes lignes par le Président de la République), « chacun des observateurs a fait l'effort nécessaire, c'était une première expérience pour plusieurs d'entre nous. Notre intention n'était pas du tout de nuire... Nous espérons que les prochaines élections qui seront organisées dans notre pays, seront certainement meilleures ».
Au sortir de cette rencontre, le ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation s'est prêté aux questions de GuineeConakry.Info. Interview:
- GuineeConakry.Info: Monsieur le Ministre de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation, vous avez pris connaissance du rapport préliminaire de la Mission d'Observation Nationale des Elections. Votre réaction.
- Kiridi Bangoura : 400 observateurs nationaux ont supervisé ces élections. Leur rapport préliminaire est présenté aux populations guinéennes mais aussi à l'organisateur des élections que nous sommes. Nous sommes très satisfaits de ce rapport qui note les avancées notables et une idée générale de crédibilité des élections mais aussi qui insiste sur les insuffisances et les imperfections. Ces insuffisances et ces imperfections vont être des intrants pour la préparation des futures élections dans notre pays. Mais nous devons nous féliciter déjà que des Guinéens, des citoyens guinéens de la société civile aient pu assumer cette fonction d'observation mais aussi et surtout que ce rapport soit un rapport suffisamment équilibré pour noter ce qui a été bien fait et signaler ce qui reste à améliorer.
- GuineeConakry.Info: Quelles sont alors les insuffisances qui ont été signalées?
- Kiridi Bangoura: L'insuffisance principale, de mon point de vue, c'est l'utilisation des attestations d'identification qui, sur le plan légal et réglementaire, pallient l'inexistence, dans la plupart des cas, des cas de cartes d'identité pour les citoyens électeurs. Je crois que la correction radicale est de mettre en place un programme d'accès gratuit aux cartes d'identité pour les citoyens de notre pays.
- GuineeConakry.Info: Quelle est donc votre grande satisfaction aujourd'hui?
- Kiridi Bangoura: La première satisfaction, c'est le calme et la sécurité qui ont prévalu pendant ces élections. La 2ème satisfaction, c'est la confiance que les populations ont placée aux élections par l'utilisation de l'urne transparente mais aussi du bulletin unique. Mais également la liberté que les partis politiques ont eu pendant la campagne et pendant le scrutin.
- GuineeConakry.Info: Monsieur le Ministre, on a parlé d'incidents en Haute Guinée, à Kouroussa et à Kérouané par exemple. On relève même un cas de décès à kankan. Qu'en est-il?
- Kiridi Bangoura: Nous avons voté dans 341 circonscriptions. On signale des incidents dans 2. Quelles sont les constances entre ces 2 circonscriptions? Est-ce que ce sont les mêmes partis politiques qui sont concernés? Il faut s'interroger pourquoi, les mêmes acteurs produisent souvent les mêmes événements!
D'autre part, ces incidents sont d'autant plus mineurs qu'à Kérouané par exemple, dans Banankörö, ce sont des citoyens guinéens qui ne sont pas sur les listes électorales, qui ne sont pas résidents recensés à Banankörö qui ont voulu voter par force.
Quant à Sanguiana [Kouroussa], ce sont des enfants de 9 ans qui se sont alignés pour voter. Le magistrat est venu intervenir en compagnie de Monsieur le préfet. Et c'est vrai, ils ont été lynchés, il y a eu tentative de lynchage! Au moment de se dégager, le garde du corps du préfet a reçu un coup dans le cou. Ils ont tiré sur le goudron, il y a eu des blessés légers. De notre point de vue, selon les informations que nous avons, il n'y a pas encore de décès. Nous souhaitons qu'il y en ait pas.
- GuineeConakry.Info: Alors l'âge que vous indiquez, c'est au niveau de quel parti politique?
- Kiridi Bangoura: Ce sont des citoyens guinéens de Sanguiana, je ne veux pas incriminer un parti politique ou l'autre.
- GuineeConakry.Info: Peut-on connaître à date le taux de participation surtout que l'on n'a aucun chiffre officiel à propos?
- Kiridi Bangoura: On n'a pas les chiffres, mais selon les récapitulations en cours, il y a deux observations fortes sur le taux de participation. En milieu urbain, les gens ont moyennement ou faiblement voté. En milieu rural, les gens ont fortement voté.
- GuineeConakry.Info: Le taux, Monsieur le Ministre?
- Kiridi Bangoura: La moyenne, bon! A Conakry par exemple à Kaloum, les gens ont voté à 54%. Kaloum est traditionnellement un électorat facile à mobiliser. Et dans certaines Communes comme Ratoma, 34%, dans d'autres 29% comme Dixinn.
A l'intérieur du pays, les Communes oscillent entre 35% et 50%. Et en milieu rural, entre 60% et 90%.
- GuineeConakry.Info : Monsieur le Ministre, on parle d'arrestations par endroits. Quel est aujourd'hui l'état des lieux?
- Kiridi Bangoura: J'ai envie de dire, est-ce que l'on est allé arrêter des citoyens qui étaient tranquillement couchés dans leurs lits ou est-ce que ce sont des citoyens qui sont en porte-à-faux avec la Loi? Si ce sont des citoyens qui sont en porte-à-faux avec la Loi, nous sommes vraiment heureux de vous informer que les Sages de cette ville se sont levés pour aller présenter les excuses à l'autorité préfectorale et que des démarches sont en cours pour que d'une part, la Loi soit appliquée et d'autre part, que la quiétude soit rétablie.
- GuineeConakry.Info : Soyez plus concret Monsieur le Ministre. Est-ce qu'il s'agit de citoyens arrêtés ou pas?
- Kiridi Bangoura: Des citoyens qui sont en porte-à-faux avec la Loi sont forcément arrêtés.
- GuineeConakry.Info: Ils sont au nombre de combien?
- Kiridi Bangoura: Ils sont au nombre de 5.
- GuineeConakry.Info: ils sont de quelle préfecture?
- Kiridi Bangoura: La préfecture de Siguiri.
Interview réalisée par
Ibrahima Sylla, RTG-Conakry




















