
Un activisme illustré par plusieurs décisions que la prochaine administration aura bien du mal à abroger, en dépit de sa volonté farouche de détricoter tout ce qui a été entrepris ces huit dernières années.
1. Les colonies israéliennes
L'arbitrage le plus récent a eu lieu sur la scène internationale. Le 23 décembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2334, qui demande à Israël de cesser la colonisation dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem-Est. Une première depuis 1980, qui n'aurait pu avoir lieu si les Etats-Unis, alliés historiques d'Israël, avaient usé de leur droit de veto. En prenant cette décision, Barack Obama s'est attiré les foudres d'une partie des presses américaine et israélienne.
De son côté, Donald Trump n'a pas manqué de dénoncer la résolution, affirmant sur Twitter que "les choses changeront après le 20 janvier". Selon le magazine américain Foreign Policy, spécialisé dans les relations internationales, le président élu aurait participé aux longues tractations qui ont précédé le vote du Conseil de sécurité. Il tentera peut-être d'inverser ce "coup de semonce" à l'égard de Benyamin Netanyahu en s'appuyant sur son futur ambassadeur à Jérusalem, David Friedman, connu pour son soutien idéologique à la colonisation et son opposition à la création d'un Etat palestinien.
2. Le fichage des musulmans
Le même jour que le vote de la résolution onusienne, Barack Obama a entamé le démantèlement d'un outil majeur du Département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis: un système de surveillance visant spécifiquement les Arabes et les musulmans, mis en place par l'administration Bush à la suite des attentats du 11 septembre 2001. Ce programme, baptisé Nseers, a permis au renseignement américain de ficher plus de 80 000 individus.
Durant sa campagne, Donald Trump a multiplié les propos incendiaires à l'égard de la communauté musulmane. Le milliardaire était allé, dès 2015, jusqu'à proposer leur interdiction du territoire américain. Alors candidat à l'investiture républicaine, Donald Trump avait aussi évoqué l'idée d'un fichage des citoyens musulmans.
Dans le domaine sécuritaire, Barack Obama a également annoncé sa décision de transférer 18 des 59 derniers détenus de la prison militaire de Guantanamo. S'il n'a pas tenu sa promesse de fermer le camp de détention, le président l'aura largement vidé des 242 prisonniers qui s'y trouvaient à son arrivée en 2009. Durant sa campagne, Donald Trump avait affiché son intention de le "remplir de sales types".
3. Les forages dans l'Arctique
Barack Obama n'a pas délaissé le terrain écologique. Le 20 décembre, le président sortant a révélé qu'il ferait interdire, en s'associant avec le Canada, tout nouveau forage de gaz ou de pétrole en Arctique. Soulignant sa volonté de "préserver les écosystèmes" de la zone, l'administration Obama a surtout fait comprendre que sa décision s'appuyait sur "une base légale solide" et ne pourrait être remise en cause par le prochain hôte de la Maison blanche.
La démarche du président s'élargit à 31 canyons sous-marins dans l'Atlantique, où le forage sera également interdit. Pour ce faire, il s'est appuyé sur une loi de 1953 qui obligera le Congrès à légiférer, c'est-à-dire à surmonter le pouvoir de veto de la minorité démocrate au Sénat. L'entourage de Donald Trump, viscéralement opposé aux réglementations environnementales, n'a pas manqué de condamner l'initiative de Barack Obama.
Dans ses rangs, l'administration comptera des climato-sceptiques notoires, parmi lesquels Rex Tillerson, patron d'ExxonMobil, numéro un mondial des groupes pétroliers.
4. La préservation du droit à l'avortement
Autre décision dont le timing vise sans nul doute à gêner Donald Trump aux entournures, la signature par Barack Obama d'un règlement visant à consolider le droit à l'avortement. Comme l'a rapporté le quotidien britannique The Independent, le texte doit empêcher les Etats de couper leurs financements destinés aux centres du Planning familial américain. Il entrera en vigueur deux jours avant l'intronisation de Donald Trump.
La mesure retirera aux élus républicains la possibilité de supprimer unilatéralement ces budgets pour des raisons politiques. En effet, le texte stipule qu'ils ne pourront être sabrés qu'à condition "qu'une inaptitude de ces centres à rendre les services proposés aux bénéficiaires soit démontrée de façon effective". Les fonds en question permettent notamment aux plus fragiles de payer des traitements contraceptifs, des visites médicales, des tests de dépistage du VIH ou des cancers.
5. La lutte contre les paradis fiscaux
Enfin, Barack Obama a également actionné un levier dans le domaine de la fiscalité. À travers un texte publié le 13 décembre, le président américain vise à renforcer la lutter contre la fraude fiscale en améliorant la transparence des Etats-Unis. Il imposera aux propriétaires de sociétés à actionnaire unique et à responsabilité limitée -dites "singles LLCs"- de s'identifier auprès des services fiscaux, ce qui constitue une véritable avancée.
Ce nouveau règlement a aussi une portée symbolique, dans la mesure où le président élu, Donald Trump, n'a jamais fait mystère de son usage des paradis fiscaux pour ses propres affaires. Candidat, il s'est d'ailleurs toujours refusé à publier ses déclarations de revenus.
Source : www.lexpress.fr




















