
Contrairement aux deux précédentes éditions (2004 et2006), celle de cette année organisée au Ghana, a eu lieu dans un contexte de changement chez nous. C’est à ce titre que la famille sportive devrait mettre sur la place publique, le débat sur notre participation à la CAN. Il ne s’agit nullement de jeter la pierre sur Paul ou Pierre mais, dans la vérité et avec objectivité, de tirer tous les enseignements de notre élimination sans gloire. Les enjeux de la CAN sont trop serieux pour en parler en catimini.
Du coté de la fédération,les réunions se succèdent sans que rien ne filtre. Nous osons croire qu’au bout du compte, un point de presse élargi se tiendra pour débattre de tous les problèmes. Dans le même autre d’idées, le compte rendu de la session ordinaire du conseil des ministres du mercredi 13 février, nous a laissé quelque peu sceptiques.
En effet, c’est dans les divers que le ministre des sports a présenté sa communication sur la participation de notre pays à la CAN. Ce n’est pas parce nous avons été éliminés, qu’il faut reléguer au second plan cette performanc. A contrario nous devons chercher à déterminer les causes objectives et subjectives de cet échec. La CAN concerne tous les citoyens du pays.
A quelques jours du coup d’envoi de la compétition, tous les Guinéens se sont mobilisés pour soutenir massivement le Syli national. Il serait donc maladroit de tirer un trait sur cette épreuve, sans permettre à la famille sportive, aux citoyens de participer à un débat sain et constructif.
Dans quelques mois nous allons prendre part aux éliminatoires de la CAN et du Mondial 2010. Une campagne qui s’annonce longue et éprouvante. Dans quelles conditions allons-nous aborder ces matchs? Au plan strictement sportif la preuve est maintenant donnée que nous ne disposons pas d’une équipe de haut standing. D’ici le mois de juin que faire? Alors que bon nombre de Guinéens croyaient dur que le Syli National allait jouer les premiers rôles au Ghana, Gerard Dreyfus dans son Passeport pour la CAN 2006 écrivait ‘’en 2006 comme deux ans auparavant, le Syli National a échoué en quarts de finale de l’épreuve, montrant chaque fois ses qualités collectives, additionnées à des talents individuels. A-t-il eu un blocage, avait-il dépasse ses possibilités? Non. Manque de réussite probablement. Toujours est-il que ce grand pays de footballeurs n’a jamais été récompensé et que son nom ne figure pas sur le socle du trophée. Spontanément, lorsqu’on évoque le football guinéen, plusieurs nous viennent à l’esprit: Pascal Feidouno, Ismael Bangoura, aussi à l’aise au dynamo de Kiev en Ukraine, qu’il était au Mans en France, Fodé Mansaré. Il manque deux ou trois joueurs de très grand talents.
Le Français Robert Nouzaret sera-t-il celui qui aura su dénicher les bons compléments à ceux cités précédemment? La réponse de notre confrère est non! Nous l’avons vu, l’entraîneur Nouzaret s’est simplement planté avec un effectif incapable de produire les résultats attendus. Au-delà de son rapport technique qu’il adressera à la fédération, Robert Nouzaret doit des explications à la presse nationale. Il assume l’entière responsabilité de la débâcle du Syli national au Ghana. A ce titre, à son corps défendant, nous souhaitons avoir sa lecture du comportement de sa sélection.
Thierno Saidou Diakité in La Lance




















