
Cette dureté a été condamnée par Karl Max qui a stigmatisé, non sans raison, « une exploitation de l’homme par l’homme » et posé les bases d’un système concurrent: « le socialisme », ce qui revient à donner à L’Etat les moyens de production et à supprimer toute initiative individuelle. Cette généreuse idée n’a pas su apporter richesse ou bonheur à quiconque. Il n’est pas exagéré de dire que partout où le socialisme a été expérimenté, il a conduit à la pauvreté de tous, sauf pour une nomenklatura de dirigeants dictatoriaux. L’échec de l’Union-Soviétique ne constitue que l’exemple le plus spectaculaire de l’échec du socialisme, mais il faut rappeler qu’aucun pays socialiste n’a réussi à améliorer la vie des citoyens. Cuba et la Corée du Nord nous en administrent encore la preuve tous les jours!...
Si la Chine a pu faire un bond en avant spectaculaire depuis deux décennies, c’est parce qu’elle a adopté le système capitalisme. Tout ceci ne veut pas dire que le capitalisme constitue la panacée universelle et qu’il est à l’abri de dérives frauduleuses ou de tyrannies, rendues possible par l’abus de pouvoir que l’argent procure. C’est en ce sens que le pape François a pu récemment condamner ce qu’il nomme la « tyrannie du capitalisme ». Comme toute œuvre humaine, le capitalisme peut suivre des dérives perverses et a besoin d’être régulé. Par exemple la spéculation par algorithme, à laquelle se livrent les grandes banques, pour leur propre compte, et avec des sommes considérables, a pour effet de perturber gravement les échanges et la fixation libre des prix du marché. Ces pratiques, qui permettent de s’enrichir facilement avec la sueur des travailleurs, devraient être interdites.
Mais, ce n’est pas parce que l’Eglise Catholique s’est livrée, à une certaine époque, à des exactions atroces et injustifiables, que l’extraordinaire message de Jésus a été altéré ou mériterait d’être oublié! De même, les dérives du capitalisme ne doivent pas masquer les extraordinaires progrès qu’il a permis de faire pour le bonheur du plus grand nombre. Quel système politique pourrait garantir le bonheur de tous?
Pour revenir à la crise économique actuelle, dont nous subissons encore les effets de façon aigüe et dramatique, il convient de préciser une nouvelle fois sa genèse: ce sont les gouvernements démocratiques qui ont endetté les Etats, au-delà des possibilités de remboursement. Qu’il s’agisse de capitalisme ou de socialisme, il n’est pas possible de s’endetter à l’infini sans risque majeur. La chute du socialisme soviétique ne fut rien d’autre!
Aujourd’hui par exemple, la dette de la France atteint 2.000 milliards d’Euros et continue de s’accroître de 100 milliards par an. Ce n’est pas la faute du capitalisme ou du libéralisme: c’est la responsabilité de gouvernements irresponsables. Personne ne semble s’en soucier, mais il est inéluctable qu’un jour l’ensemble s’écroulera… En fin de compte, il apparaît que le capitalisme a été dévoyé par les politiques et leur démagogie. Ils ont fait le jeu de financiers qui s’enrichissent de leur incurie. Ce n'est peut-être pas le capitalisme qu'il faut remettre en question, mais sans doute le matérialisme, c'est-à-dire le culte de la matière...
Certes, il faut mieux réguler le capitalisme, mais c’est surtout la démocratie qu’il convient de réformer en redonnant la parole au peuple. C’est pourquoi nous plaidons inlassablement pour la démocratie directe car nous faisons davantage confiance à la sagesse des citoyens qu’à celle de leur représentants, incompétents et vaniteux, qui se soucient plus de leur réélection que de l'avenir de leur pays...
Yves Ponroy




















