
« Nous sommes en train de perdre la bataille face au virus, a déploré le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, lors d’une conférence de presse à Paris. Certains pays ne se préoccupent que de leurs propres frontières, ce qui est très inquiétant. Nous n’avons toujours pas pris conscience de la solidarité nécessaire au niveau international. »
Passerelle d’Etat
Jim Yong Kim ne parle pas assez fort. A Roissy des professionnels du ciel réclament de ne plus voler vers la Guinée. Ils ne sont exposés à aucun risque rationnel mais qu’importe, ils ont peur et personne ne leur répond. Personne ne les raisonne. Ont-ils des échanges avec la DGS, avec l’InVS, avec la HAS ? Avec le ministère des Affaires étrangères ? Voire même, qui sait, avec des virologues ? Avec des infectiologues ?
Cette réclamation des syndicats d’hôtesses et de stewards coïncide avec les premiers contrôles de température des passagers à l’arrivée du vol matinal Conakry-Paris. Une mesure de rien du tout mais dont les médias font une affaire d’Etat. Deux employés de la Croix-Rouge sur une passerelle pour prendre la température, à distance, de quelques passagers – et cela devient un « renforcement du dispositif gouvernemental de lutte contre le virus ». On se pince.
Syndicats anonymes
Rappel : Le dépistage (de la fièvre, pas de la maladie) est uniquement mis en place sur ce vol en provenance de Conakry, seule liaison directe entre la France et l’un des pays touchés par le virus. Aucun contrôle n’est prévu sur les passagers venant de pays à risques ayant effectué des correspondances. A Orly par exemple. Ou gare du Nord pour ceux arrivant d’Afrique via Bruxelles…
Et c’est maintenant que « des syndicats d’hôtesses et de stewards d’Air France » réclament la fermeture de la desserte de Conakry. Ils expriment leur crainte d’un « risque grave de propagation de l’épidémie ». Ces syndicats se dévoileront-ils ? Dévoileront-ils leurs arguments chiffrés ?
Transparence…
L’Agence France Presse nous rappelle que fin août la compagnie avait suspendu ses vols vers Freetown, capitale de la Sierra Leone Freetown, « après de précédentes protestations syndicales». Les syndicats d’Air France ont-ils véritablement un tel pouvoir ?
Nous avions pour notre part voulu comprendre. Air France nous avait dit que la compagnie n’avait fait que suivre une « recommandation du gouvernement ». Le « gouvernement » nous avait renvoyé ….vers les « Affaires étrangères » qui nous avaient renvoyé ….vers « la Santé » qui nous avait ….conseillé la « Direction générale de la Santé » …. qui avait évoqué une évolution de la situation en Sierra Leone – une « évolution » sans plus de précision. Transparence…
Arrêts des frais
Aujourd’hui la situation évolue vite en Guinée. Elle ne cesse d’évoluer. Combien de temps avant que le gouvernement (qui ne cesse de dire vouloir aider ce pays) demande à Air France d’arrêter les frais sur les vols Conakry-Paris ?
Source : http://jeanyvesnau.com
REACTION DU GOUVERNEMENT FRANCAIS
«Couper les ponts» en suspendant les liaisons aériennes avec les pays d'Afrique touchés par Ebola serait une «sottise énorme», car cela favoriserait des «transports sauvages» qui dissémineraient davantage le virus, a affirmé dimanche à Pékin Laurent Fabius.
Le ministre français des Affaires étrangères a exprimé cette opinion après que des syndicats d'hôtesses et de stewards d'Air France ont exigé vendredi «la fermeture de la desserte de Conakry» en Guinée, évoquant leur inquiétude d'un «risque grave de propagation de l'épidémie».
Mais M. Fabius a mis en garde contre ce «faux bon sens», préférant au contraire l'option «contre-intuitive» de «contrôles draconiens». «Une réaction spontanée pourrait être de dire là-bas il y a une épidémie et donc il faut couper absolument tous les liens. Mais tous les spécialistes nous disent que, du point de vue même médical, ce serait une sottise énorme», a déclaré dans une conférence de presse le chef de la diplomatie française.
«Si on coupe les ponts, on ne contrôle plus rien»
«S'il n'y a plus aucune possibilité (de prendre l'avion), les gens vont sortir du pays en contrebande -si j'ose dire-, ils iront prendre l'avion dans un autre pays et, s'ils sont porteurs du virus, personne ne les contrôlera», a-t-il assuré. La France a procédé samedi aux premiers contrôles de température de passagers en provenance de Conakry, capitale de la Guinée, pays ouest-africain touché par Ebola.
Un vol pour Conakry annulé samedi
Le vol Air France pour Conakry a été annulé samedi, l'appareil n'ayant pas pu décoller de Paris à cause du cas suspect d'Ebola détecté lors des premiers contrôles sanitaires sur le sol français, a t-on appris dimanche de sources concordantes.
Un seul avion assure la liaison entre Roissy et la Guinée pour Air France. Il a dû être «désinfecté en vertu du principe de précaution», a expliqué un porte-parole de la compagnie. Samedi matin un cas suspect a en effet été détecté lors des premiers contrôles sanitaires mis en place sur le sol français: une passagère d'une quarantaine d'années présentant de la fièvre.
Suite à ce signalement, «la mise en oeuvre des vérifications imposées par les autorités sanitaires à une heure proche du départ s'est révélée incompatible avec le temps de service de l'équipage», a t-on précisé chez Air France. L'avion n'a donc pas pu décoller samedi après-midi comme prévu, «il est reparti dimanche à midi de Roissy», a ajouté le porte-parole. Le vol de dimanche soir au départ de Conakry a été maintenu.
«Il faut organiser très fortement la prévention et le contrôle, mais, si on coupe les ponts, on organise des transports sauvages et alors on ne contrôle plus rien», a insisté M. Fabius, dont les discussions dimanche avec ses interlocuteurs chinois ont largement abordé le sujet d'Ebola. La France et la Chine, «très préoccupées» par la propagation du virus en Afrique, continent où elles partagent d'importants intérêts, ont annoncé renforcer leur lutte contre l'épidémie dans la recherche et l'aide humanitaire et sanitaire.
De la Chine où il a passé samedi et dimanche, Laurent Fabius doit se rendre directement au Luxembourg où les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent lundi pour «galvaniser» la réponse européenne à l'épidémie d'Ebola, alors que le bilan de cette fièvre hémorragique dépasse les 4.500 morts selon l'OMS.
Source : LeParisien.fr




















