KIDAL : La spirale du mal…

En ritournelles macabres, Kidal occupe encore les rampes de l’actualité africaine. Ce lundi dans cette ville rebelle, était particulièrement explosif. Des manifestations frontales contre les forces françaises et onusiennes, avec saccage de l’aéroport, effraction et mort. Le nord est malien confronté à des populations en révolte exigeant la libération immédiate de ‘’trois des leurs’’, arrêtés pour fins d’enquête, soupçonnés qu’ils sont d’être probablement de ceux qui ont posé des mines qui ont tué trois soldats français de l’opération Barkhane très récemment.

Devant cette furia des manifestants dénonçant avec véhémence ce qu’ils appellent ‘’les tracasseries de la Minusma et des Français de Barkhane’’, les tirs de semonce n’ont nullement été entendus, et les gaz lacrymogènes ont été difficilement dissuasifs, puisque certains des protestataires ont même pu violer l’espace aéroportuaire, et commettre des dégâts, en y incendiant notamment les installations de sécurité. Face à cette déferlante, les soldats auraient tiré, faisant un mort.

Une espèce de complicité

Mobilisées, on ne sait pour le moment par qui, les femmes étaient en première ligne, n’hésitant point à tout ravager sur leur passage. A l’évidence, elles paraissaient avoir été bien motivées pour prendre faits et cause en faveur des présumés djihadistes, malgré le contexte de l’accord de paix signé par la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) et les autorisées maliennes. Cet instrument supposé ramener la confiance qui conduit à la paix. Mais à Kidal depuis 2012, la tension est permanente, la paix fragile et l’accord quasi volatile. Il y a ici comme une espèce de complicité assumée, discrète, mais toujours efficace. Et il suffit d’une flammèche pour rallumer le baril des rancunes accumulées, des frustrations contenues et des velléités autonomistes ravalées.

La communauté internationale, malgré tous ses efforts, la France et l’ONU sont loin d’avoir achevé le ‘’boulot’’. Ce qui s’est passé hier, est le signe avant-coureur de dangers encore plus grands, si l’on y prend garde. C’est la preuve par dix que les islamistes tiennent encore les secrets de la mécanique sociale de cette zone. Les sociologues et les politologues n’ont pas fini de comprendre les profondeurs des souhaits vrais ou manipulés des populations autochtones.

De ‘’petit malins’’

Les manifestations de ce lundi sont la signature de ‘’petit malins’’ aux intérêts inassouvis, à l’idéologie douteuse, au prosélytisme tenace et à l’arme vorace. Ils tiennent encore des ressorts essentiels au niveau des communautés. Ce n’est pas par hasard qu’ils ont poussé à la destruction des installations aéroportuaires qui permettent de ravitailler les populations de cet immense territoire désertique. C’est justement pour aggraver la précarité de l’ensemble et pousser encore plus fort à la révolte, à l’affrontement. A la guerre. Pour retomber dans cet éternel recommencement qui fait leurs affaires.

C’est la leçon essentielle à tirer des manifestations d’hier. Il faudrait remonter systématiquement le labyrinthe des incompréhensions et des accusations pour mieux ‘’traiter’’ la crise du lundi qui n’est aucunement spontanée.   

Maria de BABIA pour GCI

2016 GuineeConakry.Info

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