
Ruiner le Kénya
En frappant le Kenya au cœur de son dispositif touristique-culturel, l’objectif des shebabs est plus qu’évident : éloigner les visiteurs de tous les centres névralgiques de l’économie du pays, pour l’asphyxier le plus violemment et le plus rapidement possible.
Divisés en petits groupes, bien organisés et ‘’outillés’’ avec des kalachs et des radios HF, les shebabs ont lors de cette dernière attaque, tour à tour, visé les maisons de police, les hôtels, les restaurants, les plages et les rues qu’ils ont ratiboisés, avec une hargne destructrice à nulle autre pareille, entrainant cette hécatombe d’une cinquantaine de victimes.
Le verbe et le feu
En un seul week-end, ils ont montré dramatiquement leur féroce détermination à ruiner le Kenya. Et les commentaires des commanditaires de ces attaques sont sans équivoque : «Tous ceux qui viendront là seront nos cibles ! », entend-on dire dans les milieux proches de ces rebelles qui manient sans distinction le verbe et le feu avec la même rage.
Les autorités ne connaissent toujours pas le nombre exact des assaillants, même si elles les estiment entre vingt et cinquante. Le ministre de l'intérieur Joseph Ole Lenku, voudrait quant à lui, justifier ces actes par quelques raisons politiques, mais les faits semblent dire autre chose, car les shebabs abattaient systématiquement tous ceux qui ne pouvaient réciter par cœur ‘’la shahada’’ ou la profession de foi de l'Islam.
Proximité porosité et complicités
L’attentat sanglant de dimanche dernier vient rappeler à tous que les shebabs sont toujours dans leur logique criminelle, en continuité de l’attaque du centre commercial Westgate de Nairobi, en septembre 2013. Les mesures sécuritaires prises depuis sont, sinon insignifiantes, mais tout au moins insuffisantes, voire, déficitaires. Et ce ne sont pas les survols aériens de l’armée kényane qui vont débusquer les shebabs fondus dans la foule !
Plus grave, la proximité de Lamou de la frontière avec la Somalie, la porosité de celle-ci et les complicités locales établies ou non, sont de nature à faciliter pour longtemps encore les activités des islamistes rebelles. De quoi éloigner pour longtemps les touristes de ce petit coin de paradis, que les shebabs ont décidé de transformer en enfer sur terre !
Maria de BABIA pour GuineeConakry.info




















