
Les attaques récurrentes qui ciblent les côtes kényanes, au-delà du nombre de plus en plus élevé de victimes, sont révélatrices de deux autres réalités complémentaires. D’abord, les auteurs, que beaucoup d’observateurs pensent être les Shebabs somaliens font montre d’audace et de confiance. Une première fois, c’est tout un centre commercial qui était pris en otage. Tandis que dans la nuit du samedi ou dimanche passé, les terroristes se sont offert le luxe cynique de s’en prendre simultanément à deux villages distants d’au moins 100 km, l’un de l’autre !
Une police inefficace
L’autre réalité, c’est l’inefficacité paradoxale dans laquelle les services de sécurité kenyans semblent s’installer de manière inexorable. Après la très osée attaque contre le centre commercial, on se serait attendu à ce que la police se fasse moins surprendre dorénavant. Hélas ! Intervenant très souvent après que les terroristes aient fini leur sale besogne, elle excelle de plus en plus dans le décompte des victimes, le spectacle des horreurs. Plus grave, même sur les enquêtes post-attentats, elle a de la peine à convaincre les populations.
Déjà, autour des deux attentats du week-end, elle privilégie une piste d’un groupe séparatiste, le Conseil républicain de Mombassa (MRC), tandis que même les Shebabs ont formellement revendiqué les tueries. C’est à croire que la police kenyane se laisse influencer par le président Uhuru Kenyatta qui, lui, semble soucieux d’associer ses principaux opposants à la montée vertigineuse des attentats terroristes de ces derniers mois.
Insécurité dans un pays de rêve
Or, cette espèce de mauvaise foi politique ne risque pas d’arranger les choses. Car, aussi longtemps qu’on continuera à poser le mauvais diagnostic, le mal perdurera, en se propageant même. Conséquences pour le Kenya : l’image d’un beau pays incapable d’assurer la sécurité de ses citoyens, à plus forte raison, celle de ses visiteurs !
En fin de compte, les touristes ne sont pas les seuls qui réfléchiraient par deux fois, avant de prendre le départ pour cette destination qui a fait longtemps rêver le monde pour l’incomparable beauté naturelle de ses paysages et l’attrait exceptionnel de sa faune. Les investisseurs extérieurs ne vont certainement plus fondre sur le pays. Surtout si, comme l’envisage l’opposition, elle aussi se met dans la danse pour punir Kenyatta de son mépris pour elle.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















