
A la demande de l’Espagne que Karenzi Karake, le chef du renseignement de Kigali a été arrêté. Cette personnalité controversée mais influente de la vie politique rwandaise, est un cacique du Front Populaire Rwandais dont la carrière a connu des hauts et bas, tout en se maintenant malgré les vicissitudes de la lutte pour le pouvoir, dans les hautes sphères de l’Etat.
Mandat d’arrêt illégal pour Kigali
L’arrestation intervenue choque le Rwanda, Kagamé en premier, même si c’est Louise Mushikiwabo, la ministre des affaires étrangères qui a pesté dans son compte Twitter contre la décision britannique, en écrivant avec colère « C'est un scandale d'arrêter un responsable rwandais sur la base de la folie de pro-génocidaires ».
Kigali exige des ‘’explications’’ de Londres, selon Johnston Busingye, le ministre de la justice. Aux yeux des autorités rwandaises, le mandat d’arrêt est illegal, et cela ressemble plutôt à la justice à géométrie variable, quand il s’agit des Africains. C’est pourquoi l’acte du juge espagnol sera dénoncé et combattu devant tous les tribunaux de la planète par Kigali.
Un homme qui en sait beaucoup
La présidence de la république qui, de nature est sereine, se fait entendre sur les réseaux sociaux. Si Kagamé se garde encore de se prononcer, ses proches collaborateurs le font bien a sa place, et cette véhémence montre bien que Karenzi Karake constitue bien une grosse prise. En aucun cas, le pouvoir rwandaises ne souhaite que ‘’son’’ homme ne soit livré à la justice espagnole qui accuse Karake de la mort de trois de leurs compatriotes et des represailles contre les hutus, dans les horreurs du génocide. Un homme qui en sait certainement beaucoup…
En réalité, depuis le génocide, la fébrilité des chefs du FPR, quant à une quelconque responsabilité de leur part, est connue. L’arrestation de Karenzi est ressentie comme un séisme politico-moral, une espèce de ‘’trahison’’ de la ligne occidentale qui, sans être complice, avait une empathie qui appelait a une certaine tolérance.
Ce qui s’est passe depuis 72h, étonne et choque les autorités rwandaises qui voient comme un univers s’écrouler autour d’elles.
Maria de BABIA pour GCI
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