
Des milliers de Burkinabè, réunis autour du président Michel Kafando et du premier ministre, le colonel Isaac Zida, ont, hier, symboliquement rendu hommage aux victimes de la révolution qui a fini par avoir raison de Blaise Compaoré et de son régime. Pour la circonstance, les corps de 6 des 24 victimes officiellement notifiées ont été exposés sur la place de la révolution. Se tenant la main dans la main pour symboliser la cohésion nationale qui incarne l’instant ; la foule, le président et son premier ministre y compris, ont observé cinq minutes de silence.
Après une oraison funèbre qui a notamment élevé les victimes au rang de « flambeau de la lutte» du peuple burkinabé, la procession, silencieuse, recueillie et en proie à la compassion, a accompagné les six dépouilles à leur dernières demeures, au cimetière ouagalais de Goughin. En outre, les autorités burkinabè se sont engagées à ériger un monument en hommage à toutes les victimes de la révolution du 31 octobre.
Au-delà de cet hommage des plus mérités, les parents des victimes réclament justice. Une revendication qui risque bien de provoquer des grincements de dents, dans la mesure où l’armée, au sein de laquelle l’actuel premier ministre occupait une position stratégique, est soupçonnée d’être à la base de ces tueries. Mais de la part du lieutenant-colonel Isaac Zida, ce n’est pas le moindre des paradoxes. Le fait qu’il retourne subitement son arme contre Blaise Compaoré dont il était pourtant l’un des plus fidèles serviteurs, passe aussi aux yeux de certains, pour une tentative malicieuse de se dédouaner auprès du peuple burkinabè.
Mais à propos, le plus préoccupant, c’est le fait que Michel Kafando et lui-même ne semble plus emboucher la même trompette. Tandis que dernièrement, le colonel Zida avait indiqué face à la presse qu’il n’hésiterait pas à demander l’extradition de Blaise Compaoré, Kafando confie à nos confrères de France24 que ce n’est pas là, la priorité de la mission qui lui est assignée. Cette communication contradictoire est le reflet d’une cacophonie au plus haut sommet de l’Etat. Ce qui, au regard du caractère particulièrement sensible du contexte, n’a rien de rassurant. Surtout si ce fossé devait continuer à s’élargir.
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Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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