
Si les deux présidents se montrent à la hauteur des missions respectives à eux confiées, les commissions techniques mises en place ce lundi par le ministre de la justice, Garde des sceaux, peuvent déboucher sur une évolution fondamentale en matière de respect des droits humains en Guinée.
Se disant sans doute que la commission « Victime » notamment pouvait faire écho au débat politique actuel, le ministre de la justice a tout de suite précisé : « L'objectif est assez mesuré. Ce ne sont pas des commissions à caractère national. Ce sont des commissions techniques liées au département de la Justice. Elles permettront de faire avancer certains secteurs qui sont laissés pour compte dans notre pays depuis des années ».
Au-delà du contenu en rapport avec les missions assignées à chacune des commissions, ces propos constituent un diagnostic implicite plutôt audacieux des domaines auxquels les deux thématiques renvoient. Bien que chacun des présidents ait reçu un ordre de mission, le ministre de la justice a néanmoins évoqué les attentes de chacune des commissions. Pour celle qui a en charge de réfléchir et de faire des propositions relativement à la prison, on attend notamment d’elle qu’elle se penche sur les conditions de détention et le statut de prisonnier.
Pour la seconde, le ministre admet avant tout que la tâche sera certainement des plus délicates. Il est vrai qu’eu égard à la complexité de l’histoire de la Guinée, le statut de la victime n’est pas chose évidente à circonscrire. Mais le ministre de la justice est de ceux qui pensent que le pays et ses habitants se doivent d’assumer le passé commun. Pour cela, il a demandé au président de la commission en charge de ce sujet qu’il travaille sur la période qui va de l’indépendance à nos jours. Parce qu’il demeure convaincu que quoi qu’il en soit, « Le statut des victimes doit être pris en compte ». Le travail de cette commission est certes délicat, comme l’aura reconnu Me Cheick Sacko, lui-même. Mais s’il est fait comme il se doit, il peut être un excellent outil de travail pour la prochaine commission de réconciliation nationale.
Mesurant la responsabilité qui est désormais la leur, les deux présidents ont promis d’honorer la confiance placée en eux. A condition que les moyens et le soutien politique soient au rendez-vous. En tous les cas, ils devront rendre leurs rapports dans six mois. Il leur est permis, à chacun, de s’attacher les services de 10 collaborateurs au plus.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















