JUSTICE : des interrogations légitimes

Les démêlées judiciaires du député de l'Ufdg, Ousmane Gaoual Diallo qui ont défrayé la chronique ces derniers temps, sur fond de confrontation politique, suscitent assez d'interrogations sur le mode de fonctionnement de la justice guinéenne. On connaissait surtout une justice guinéenne lourde et par trop bureaucratique. Mais…

L'ouverture d"une procédure judiciaire pour enquête de flagrance à l'encontre de Gaoual Diallo, sa rétention en garde à vue pendant 72 heures, et son déferrement au tribunal de Dixinn, seulement quatre jours après l'enclenchement de la procédure judiciaire, est une méthode qui aurait dû réjouir les Guinéens, car c'est la preuve que la justice guinéenne peut aller très vite pour rendre jusctice !

Hélas! Trop beau pour être vrai, car les faits sont têtus.  Au-delà de cette apparence trompeuse, il y a des centaines de dossiers qui pendent devant nos tribunaux depuis des années, et dont l'aboutissement comparé au cas Gaoual,  seraient de nature à consolider l'État de droit et de l'unité nationale dans ce pays.

Malheureusement pour la justice guinéenne, les dérives verbales des politiques sont quasi récurrentes, et viennent de tous les bords. Parfois du plus haut sommet de l'État. Si la justice devrait rester intransigeante sur ces cas, il est certain que Gaoual auraient suffisamment de la compagnie devant les tribunaux du pays. Cela est un fait. À titre d'exemple, l'un des plaignants au procès qui s'est ouvert, ce vendredi, s'est d'ailleurs clairement attaqué à une communauté au cours d'une rencontre récente de son parti.

Cela dit, il y a  aujourd'hui trois ans que la brave Dame Boiro, directrice nationale du trésor et le jeune informaticien Paul Cole, ont été froidement assassinés par des bandits, qui sont au cœur d'un réseau mafieux. Trois ans après, les familles pleurent en silence leurs assassinats, sans savoir si un jour la justice guinéenne désignera, en toute transparence, les commanditaires de ces crimes odieux. À côté de l'affaire Madame Boiro, nous pouvons citer le cas de Mohamed Ghussène, ce cadre du ministère des finances également assassiné de manière sauvage, un meutre non encore élucidé aussi.

Les familles des victimes du massacre du 28 septembre 2009, se demandent toujours si la justice guinéenne a une volonté de rendre justice dans ce dossier ? Car à date, tous les éléments sont réunis pour la tenue d'un procès. En attendant, le ministère de la justice continue à faire des promesses aux victimes.

Les mouvements sociaux en forêt qui ont fait d'innombrables victimes innocentes, avec à la clef, le cas de Womey dont la militarisation a conduit à un véritable désastre humanitaire, et suscité l'indignation dans l'opinion et chez les défenseurs des droits humains. Les cas de détournement avérés du dernier public, etc. La liste est vraiment très longue.

Lorsqu'on sait qu'un individu comme le colonel Issa Camara, qui a semé une terreur sans précédent pendant quarante-huit heures, en assiégeant et en militarisant injustement, une préfecture aussi calme et paisible comme Mali; en attentant à la vie de ces paisibles citoyens; en faisant usage d'armes de guerre avec sa milice, pour les intimider et en les tirant sur eux, en pillant , vandalisant  et incendiant des boutiques et magasins ; avec un bilan de près d'une vingtaine de victimes, et que l’on voit ce monsieur librement se promener à Conakry, alors que ces victimes portent encore les stigmates de sa barbarie ; on ne peut que s'inquiéter et dénoncer avec colère !

Enfin, rappelons que le dernier sondage effectué par l'Institut Afro baromètre confirme sans ambiguïté la méfiance des Guinéens vis à vis de leur justice.

Karifa KEITA pour GCI

© 2016 GuineeConakry.Info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • La Direction d’Orange Guinée et l’ensemble de son personnel remercie chacun du soutien et de l’attention témoignée à la suite du décès brutal de son Directeur General, M. Eric Bouquillon, décès survenu le 11 Février 2017 à Conakry.