JOURNEE SANS COMMERCE : Le Goha à l’épreuve

Ce lundi 1er septembre 2014 pourrait, dans les faits, passer pour une journée ville morte en particulier dans la capitale guinéenne. C’est en tout cas, le souhait du Groupe organisé des hommes d’affaires (GOHA) et du collectif des opérateurs économiques victimes des pillages liés aux manifestations politiques que le pays a connues en 2012 et 2013. Cependant, pour la structure de Chérif Abdallah, c’est un peu un défi crucial. Dans la mesure où sa crédibilité et l’issue de ses futures revendications dépendront du succès de ce tout premier mot d’ordre.

Pour le Goha et les opérateurs économiques victimes, c’est l’unique alternative qui leur reste. Après que les autorités se soient formellement engagées à travers l’accord politique global du 3 juillet, les 442 victimes qui réclament près de 47 milliards de GNF, disent déceler "comme une volonté de la part de l’Etat de ne plus honorer ses "engagements". Surtout après que le ministre délégué aux Guinéens de l’étranger, ait dernièrement déclaré qu’aucun commerçant ne sera remboursé. C’est même cette sortie plutôt inopportune qui semble avoir davantage radicalisé les commerçants.

Du côté des autorités, les ministres du commerce et de la justice, tenant au maintien du dialogue entre les deux parties, rassurent que les victimes seront bel et bien indemnisées. Mais, Me Cheick Sacko avait indiqué qu’avant toute procédure de remboursement, "on devrait réexaminer le dossier de manière à savoir qui est effectivement victime et qui ne l’est pas." Selon lui, "c’est à l’issue de cette procédure que ceux qui seront ultimement reconnus comme victimes seront indemnisés."  Dans le camp des commerçants, on voit dans derrière cette condition une volonté de torpiller le dossier. Et c’est pourquoi, le jeudi dernier, ils ont demandé le soutien de tous les opérateurs économiques pour faire de la ‘’journée sans commerce’’ de ce lundi un succès. Parce que, estimaient-ils, « De plus en plus de voix s’élèvent pour contester le bien-fondé de l’indemnisation des opérateurs économiques victimes de ces pillages ».

Cependant, pour le Goha en particulier, le challenge est de taille. Parce que, hormis les autorités, l’équipe de Chérif Abdallah devra prendre en compte l’attitude hostile du syndicat des commerçants de Guinée. Au cours d’une intervention sur les ondes d’une radio privée de la place, il y a quelques semaines, le secrétaire de cette structure syndicale, Elhadj Ibrahima Diallo, avait ouvertement déclaré ne pas apprécier la décision du Goha. Il avait notamment invité les commerçants à penser d’abord au sort des populations. Par ailleurs, dans le rôle du sensibilisateur, il avait affirmé : « Nous voulons que la Guinée avance, nous voulons que les hommes d’affaires viennent dans le pays investir, nous voulons que la Guinée soit un pays fréquentable dans le monde, mais si on ne s’entend pas comment les gens peuvent venir chez nous pour investir ?».

En face d’une adversité interne comme celle-ci, le Goha joue vraiment son avenir, dans la journée de ce lundi. Surtout, il faudra veiller à ce que des jeunes frustrés des quartiers de la capitale, n'en profitent pour récupérer la situation, et rendre la vie impossible à tous. Dans ce cas, il est à craindre aussi que les forces de l'ordre s'interposent... Avec tous les dérapages possibles. 

Pivi BILIVOGUI pour GuineeConakry.info

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